Bénin : Messe de clôture du jubilé des 800 ans

Publié le : 21 février

Le 21 janvier 2017, à 18h30 fut célébrée la messe de clôture du jubilé des 800 ans de l’ordre des prêcheurs à la Fraternité saint Dominique de Cotonou.

Cette messe présidée par son Excellence, Mgr Antoine Ganye, archevêque émérite de l’archidiocèse de Cotonou, a rassemblé les fidèles et amis de la fraternité Saint Dominique, les religieux et religieuses de plusieurs Congrégations, venu(e)s rendre grâce à Dieu avec toute la famille dominicaine au Bénin (Frères, moniales, dominicaines de la CRSD, dominicaines de Annonciata et laïcs) pour toutes les grâces reçues au cours de cette année jubilaire.

Frère Pierre Paul Missehoungbe, op. dans son mot de bienvenue, nous fait un point du chemin parcouru ensemble :
« Ouvert le 7 novembre 2015, le Jubilé de l’Ordre des Prêcheurs s’achève aujourd’hui avec cette messe solennelle d’action de grâce. Dans la tradition biblique, le Jubilé est un temps de conversion, de réconciliation, un temps de louange et d’action de grâce accordé par le Seigneur pour la Rédemption qu’il a réalisée par le don de l’Incarnation de son Fils. L’Ordre des Prêcheurs a saisi cette occasion de la célébration des 800 ans de sa confirmation dans l’Eglise pour rendre grâce, louer et bénir le Seigneur, source de tout bien autour du thème : « Envoyé pour prêcher l’Évangile ».
En optant pour ce thème, l’Ordre dans les conclusions du Chapitre Général de Trogir, nous invitait à une réflexion sur les questions suivantes : Pour qui sommes-nous envoyés ? A qui sommes-nous envoyés ? Avec qui ? Qu’apportons-nous en étant envoyés ? Ce chapitre a donné une réponse à la dernière question : nous sommes envoyés pour prêcher la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ. Annoncer la Résurrection du Christ, c’est croire et proclamer que Dieu est à l’œuvre dans le monde malgré la propagation du règne infernal du mal et de toutes sortes de violences. A travers la célébration de ce Jubilé, nous sommes invités à revenir aux origines de l’Ordre pour nous souvenir du moment fondateur où saint Dominique envoya les premiers frères hors de leurs maisons, loin de leurs familles et nations pour qu’ils retrouvent la joie et la liberté de l’itinérance.
Rappelons que l’Ordre des Prêcheurs est né dans un contexte agité par les cathares. Ceux-ci estiment que Dieu est parfait et n’a pu créer ni la matière, ni le corps. Ils ne croient pas au mystère de l’Incarnation encore moins en la Résurrection du Christ et fustigent le sacrement du mariage. L’esprit ou l’âme est privilégié et surestimé. Aujourd’hui, la tendance est inversée : c’est plutôt le corps qui est surévalué. Au nom d’une certaine idéologie philanthropique, on fait croire que l’homme peut tout réussir sans Dieu et que tout dépend de lui et de lui seul. Si Dominique a combattu hier les Cathares pour préserver la pureté de la foi catholique, nous ses fils et filles, nous devons aujourd’hui combattre toutes les moisissures qui entament la vérité évangélique relative à l’Incarnation du Verbe, à la Mort et à Résurrection du Christ. Ce combat est plus que jamais d’actualité et nous n’avons pas le droit de nous taire.
A l’instar de Dominique, notre mission et notre prédication en Afrique doivent prendre en compte les nouvelles formes de pauvreté sans occulter les exigences de la nouvelle évangélisation. La mission spécifique des Dominicains est la mission aux frontières c’est-à-dire l’évangélisation des milieux non encore atteints par la Parole de Dieu et la présence dominicaine dans les milieux où sévissent les nouvelles formes de pauvreté. Ce sont des situations qui échappent encore à l’impact de l’Évangile et qui, par conséquent, exigent avec plus d’urgence la mission de prédication. Quelques défis majeurs pour contextualiser la prédication aujourd’hui :
• la mauvaise gouvernance dans nos pays avec son cortège de tension sociale et l’élargissement du fossé entre riches et pauvres.
• l’extrémisme religieux et la confiscation de la liberté religieuse : le drame de Boko Haram et la civilisation de la mort qu’il promeut.
• la Parole de Dieu a du mal à raviver aujourd’hui l’espérance de tant d’hommes et de femmes ankylosés par la fatalité d’un avenir de plus en plus sombre et par le défaitisme.
• la montée en puissance des mouvements religieux et sociétés ésotériques avec la complicité tacite des chrétiens catholiques, une situation dont sont surtout victimes les jeunes en quête d’emplois. Le Peuple vers lequel le Seigneur nous envoie a la démangeaison d’entendre et de voir du nouveau. Ils se tournent vers les sectes, les Églises dites nouvelles ou Églises de réveil, les guérisseurs, les visionnaires, les marchands d’illusions et les nouveaux prophètes. Comment étancher la soif de ce Peuple tout en le préservant des déviations ou des dérapages qui l’éloignent de l’unique nécessaire qu’est le Christ ?
Voilà autant de situations qui nous interpellent et qui nous donnent des insomnies « apostoliques ». Nous devrons continuer à les confier au Seigneur même après ce Jubilé pour sa plus grande gloire et pour le salut de tous. »

Au cours de cette célébration eucharistique de clôture, ont été présentés, comme à la messe d’ouverture, divers symboles et des grandes figures qui ont marqués l’histoire de l’Ordre des Prêcheurs pendant ces 8 siècles.

> Symbole du 13 ème siècle : la bulle d’approbation de l’Ordre des prêcheurs.
> Symbole du 14 ème siècle : la figure de Sainte Catherine de sienne
> Symbole du 15 ème siècle : l’expansion du Rosaire
> Symbole du 16 ème siècle : la figure du pape saint pie V, dominicain et le missel romain
> Symbole du 17 ème siècle : la figure de saint Martin de Porrès.
> Symbole du 18ème siècle : la figure de la bienheureuse Catherine Jarrige, dominicaine
> Symbole du 19 ème siècle : la figure de fr Henri-Dominique Lacordaire.
> Symbole du 20 ème siècle : la Constitution fondamentale des frères prêcheurs.

Sr Rachelle, op. Vicariat du Bénin

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