France : Accueil de deux laïques dans la Communion Catherine de Sienne

Publié le : 5 décembre

Le 28 novembre 2017, à Paris, dans la chapelle de la rue de Grenelle, Claire et Kathrine ont été accueillies dans la Communion Catherine de Sienne.

La célébration a eu lieu rue de Grenelle, à la chapelle. Une vingtaine de soeurs et d’amis étaient présents. Chacune a pu s’exprimer sur son engagement. Voici le mot de Claire.

Je tiens à évoquer aujourd’hui ma grand-mère Suzanne, disparue avant mes 4 ans. Pendant la guerre, elle s’est engagée dans le Tiers-Ordre dominicain, et rencontrait régulièrement le père Marie-Dominique Chenu. Inutile de vous dire que je me sens proche d’elle, en ce jour.
Quant à moi, j’ai eu l’immense chance, dès l’enfance, de sentir que la rencontre avec le Seigneur était l’affaire la plus importante de ma vie. Mais j’ai aussi, depuis, happée par le tourbillon de la vie professionnelle et familiale, oublié Dieu 100 fois par jour. Quelques rencontres humaines, essentielles, sont là pour me Le rappeler.
Qu’est-ce qui motive ma démarche, ma demande d’accueil dans la Communion Catherine de Sienne, dans un compagnonnage avec la CRSD ?
Un pas de plus pour mettre en cohérence de ma vie avec ma foi.
La rencontre avec les sœurs de Poitiers a commencé sur la pointe des pieds. Elles ouvraient les portes de leur grande demeure à des collègues de l’université qui, demeurant un peu partout en France, devaient comme moi trouver un gîte pour une nuit ou deux par semaine. Les offices du matin et du soir étaient également ouverts à ceux qui voulaient bien pousser la porte : je l’ai poussée, et le rythme de cette prière collective a ravivé ma prière individuelle souvent morcelée, défaillante. On peut dire que c’est ainsi que j’ai rencontré la CRSD, pendant une première année : par l’office dit, chanté et prié ensemble. Puis, nous avons échangé quelques mots, partagé de de l’écoute, de l’amitié, par petites touches, à l’occasion de courtes rencontres et toutes ensemble autour de repas. Le compagnonnage avec la communauté des sœurs de Poitiers s’est ainsi mis en place sans en avoir l’air. Petite pépite supplémentaire, j’y ai re-connu une sœur rencontrée des années auparavant pour préparer une exposition d’œuvres d’art pour Justice et Paix. Les sœurs m’ont montré, sans jamais le dire, comment la radicalité de l’engagement pouvait se vivre au cœur du monde, de manière ancrée dans une simplicité choisie. Dans les nombreux lieux où elles interviennent chacune dans la cité, et dans la manière dont elles en témoignent, elles incarnent pour moi les mots si fondamentaux de l’introduction de Gaudium et Spes : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur ».
Mettre un peu plus en cohérence ma vie avec ma foi, ce que je viens chercher parmi vous, ce n’est pas renier mes engagements antérieurs – la catéchèse, l’ACI, l’accompagnement des malades… mais c’est rapprocher ce qui fait ma vie, en particulier ma vie d’enseignante, bientôt de directrice d’établissement d’enseignement, de mon engagement de chrétienne. Unifier encore un peu plus ma vie, en somme, pour mieux servir au cœur du monde ? Contribuer un peu plus, un peu mieux peut-être, de ma place de laïque, à témoigner de l’Evangile en pratiquant justice et miséricorde, comme le dit Michée.
C’est peut-être cela, en partie, la prédication. Le fait que la prédication soit au cœur de la vocation dominicaine, qu’elle soit ouverte aux sœurs comme aux frères, aux laïcs comme aux consacrés, est une formidable nouvelle pour moi, non pas pour m’exprimer à tort et à travers mais pour oser, dans l’Eglise d’aujourd’hui prendre la parole, avec d’autres, quand les débats s’y prêtent.
La vie religieuse et la vie laïque, à travers nos échanges, m’ont semblé avoir beaucoup à partager, à dire ensemble au monde de demain. Marie-Madeleine m’en apparait comme une première de cordée : elle ne se fige pas dans la désespérance, elle vient au tombeau, accepte de se retourner de la contemplation de la mort à celle de la vie, et, plutôt que de rester au pied de son Seigneur, blottie dans la joie des retrouvailles, elle court vers ses frères pour porter la nouvelle inouïe. Je dois vous avouer que je trouve la nouvelle de la Résurrection la plus difficile à transmettre, parce que la plus folle à croire. Et pourtant, c’est la pierre d’angle. Priez pour moi, mes sœurs, mes amis, pour que je trouve, dans l’accueil que vous me faites, les forces pour dire quelque chose de cette espérance à ceux qu’il me sera donné de croiser, aujourd’hui et demain.

Photo : Claire, Jathrine et Sr Caroline