Les différentes confessions chrétiennes mobilisées pour la justice et la paix

Publié le : 23 janvier

Quelles sont les positions concernant la justice et la paix sur lesquelles s’entendent les croyants des diverses confessions ? Le frère Michel Mallèvre, op directeur de l’Institut supérieur d’études oecuméniques (ISEO) à l’Institut Catholique de Paris et membre du groupe des Dombes nous répond.

Globalement, tous les chrétiens reconnaissent l’importance de la Justice et de la Paix, en y incluant explicitement la sauvegarde de la création. Cette importance a été réaffirmée lors de rassemblements interconfessionnels sur ces thèmes organisés sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises (COE), notamment à Séoul (1990) et Kingston (2011) : Voir par exemple l’Appel œcuménique à la paix juste. Plus largement lors de la première rencontre du Forum chrétien mondial à Limuru (2007).

Ces affirmations sont liées à une conception globale ou « holistique » de la mission de l’Église, qui ne se limite pas au seul salut des âmes. On peut noter ici une évolution positive aussi bien des Églises orthodoxes (Par exemple dans l’encyclique du Saint et Grand Concile de 2016 ou encore le texte La mission de l’église orthodoxe dans le monde contemporain) que des réseaux protestants évangéliques (Par exemple dans l’Engagement du Cap (2010) du Mouvement de Lausanne pour l’évangélisation du monde), qui traditionnellement insistaient moins sur cet aspect que les autres Églises occidentales, notamment de tradition réformée.

Ces affirmations se concrétisent par des actions communes dont les plus significatives au niveau mondial sont celles menées par le COE. Lors de sa Xe Assemblée, en 2013, il a lancé une démarche appelée « Pèlerinage de justice et de paix » et ses réseaux mettent l’accent sur la justice économique et la justice climatique, mais aussi sur la consolidation de la paix et les politiques de sécurité. De même, le COE participe aux actions du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Des démarches communes aux chrétiens existent surtout au niveau local ou national. On pourrait citer les actions de l’ACAT ou de la CIMADE, ou encore les nombreuses déclarations du Conseil d’Églises chrétiennes en France qui, depuis sa fondation en 1987, s’est prononcé sur la paix en divers pays, le racisme, les migrations, les sans-papiers, la peine de mort, etc.. Mais les collaborations diffèrent beaucoup selon les contextes et les réseaux protestants évangéliques agissent encore souvent par des réseaux spécifiques, comme le Défi Michée en faveur d’un monde plus juste et sans pauvreté.

Les différences entre les Églises apparaîtront plutôt sur certaines implications concrètes de cette lutte pour la Justice et la Paix, dans la mesure où elles ont une dimension politique, comme la situation en Israël-Palestine, ou anthropologique, comme la reconnaissance d’un droit à l’avortement ou au mariage pour des personnes de même sexe. Sur ce dernier point, bien que l’on puisse observer des rapprochements entre catholiques, orthodoxes et protestants évangéliques, les clivages ne sont peut-être pas tant confessionnels que continentaux, et donc culturels.

Rédigé par Fr. Michel Mallèvre, op

Source : http://www.montesinos.fr