COP 30 : des nouvelles de notre soeur Ana Paula

Publié le : 27 novembre 2025

Des cendres de la déception, l’espoir renait avec plus de force

Artigo em português (documento anexo)

C’est avec une grande joie que j’ai représenté la Commission Justice et Paix et la Congrégation romaine de Saint Dominique (CRSD) à la COP30, à Belém do Pará, aux côtés de la délégation de la Famille dominicaine, composée de 38 participants provenant de 11 pays : Honduras, Argentine, Bolivie, Pérou, Brésil, Catalogne, Nigeria, Bénin, Philippines et Albanie : Fr. Aniedi Okure, représentant de l’Ordre à l’ONU - Genève, Fr. José Ricardo Villalta Useda, promoteur de la justice et de la paix en Amérique centrale, Enkeleda Papa, directrice de projets de Dominicans International, représentants de la Fraternité laïque dominicaine, religieuses de différentes branches de la famille dominicaine.

Nous avons été hébergés au séminaire Dom Oscar Romero, dans la réserve Chico Mendes, immergés dans la nature amazonienne et participant à des moments d’intégration, tels que des visites à l’Espace Chico Mendes, au Musée de l’Amazonie avec l’exposition de Sebastião Salgado, et à l’événement « Femmes inspirantes », qui a mis en avant des initiatives de recyclage pour la production artisanale génératrice de revenus.

Nous avons été confrontés à des défis pratiques : la tente franciscaine prévue dans la zone verte de la COP n’a pas été installée, ce qui a rendu difficile notre suivi des activités officielles, et tout le monde n’a pas pu accéder à la zone bleue, où se déroulaient les négociations sur le climat.

Le 12 novembre, nous avons participé à la parade nautique d’ouverture du Sommet des Peuples, avec plus de 200 bateaux et la présence de leaders autochtones tels que le chef Raoni, dénonçant la déforestation et la pression exercée par l’agro-industrie sur leurs territoires. Le même jour, lors du Symposium de l’Église catholique, des leaders religieux et socio-environnementaux se sont réunis, et le programme s’est terminé par une procession et une messe à la basilique de Nazaré.

Le 15 novembre, nous avons participé à la Marche mondiale pour le climat, avec environ 70 000 personnes dans les rues de Belém, réclamant la fin des combustibles fossiles et dénonçant les projets polluants et injustes. La phrase « Nous sommes la solution » a résonné tout au long de la marche, exprimant notre conviction que la transformer doit venir des communautés.

Cependant, à la fin, la déception a prévalu : les revendications urgentes – telles que davantage de financement climatique de la part des pays riches et un accord pour éliminer les combustibles fossiles – n’ont pas été reflétées de manière convaincante dans le document final de la COP. Malgré tout, des progrès significatifs ont été réalisés : le paquet Belém a approuvé l’engagement de tripler les ressources pour l’adaptation au changement climatique d’ici 2035, a défini une feuille de route pour l’adaptation pour la période 2026-2028 et a établi 59 indicateurs volontaires pour suivre les progrès.

La Feuille de route de Bakou à Belém a également été présentée. Elle prévoit la mobilisation d’au moins 1 300 milliards de dollars par an jusqu’en 2035 pour les pays en développement, à travers cinq axes d’action axés sur le financement innovant, l’équité et l’amélioration de l’accès.

La COP30 a rapproché le régime climatique de la vie concrète des gens, avec la participation sans précédent d’environ 900 représentants des peuples autochtones dans l’espace officiel — en partie grâce à la pression populaire et aux manifestations. Cependant, il est apparu clairement que la justice climatique exige plus que des accords diplomatiques : une transformation profonde de nos modes de vie et du modèle économique actuel est nécessaire.

L’une des grandes leçons que je retiens de Belém est que l’adaptation n’est pas une œuvre de charité, mais un droit humain : les communautés vulnérables méritent des conditions dignes pour faire face aux impacts de la crise climatique. Et malgré les progrès réalisés, nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers : il est urgent de maintenir une conscience éthique et d’agir concrètement, en adoptant des modes de vie plus simples, une consommation responsable et la solidarité entre les peuples. La solution est en nous et dépend des choix que nous faisons chaque jour. Je pense que nous sommes sur la bonne voie et je me sens en paix, car dans nos communautés, nous pratiquons déjà des valeurs qui favorisent l’écologie intégrale. Nous croyons que tout est lié et qu’il est urgent de prendre soin de notre maison commune.

Document(s)

artigo_cop_30_brasil___br.pdf (1.1 Mio)

 27 novembre 2025