Commentaire de la Parole de Dieu du 28 mai 2018

Publié le : 27 mai

Lectures :
• 1P 1,3-9
• Ps 110,1-2.5-6.9ab.10c
• Mc 10,17-27

I. Il Nous a fait naître de nouveau
La première lecture d’aujourd’hui commence par la meilleure des introductions possibles. Celle qui nous aidera à nous situer dans la vérité profonde de notre réalité d’êtres humains : nous avons tout reçu. Expérience universelle. Personne, si puissant soit-il, ne peut se donner la vie à soi-même. Et vivre est la condition indispensable pour tout ce qui arrivera ensuite dans les histoires personnelles.
Mais la lecture ajoute aujourd’hui un élément de plus, que l’auteur exprime avec emphase et solennité, et qui mérite que nous consacrions du temps à le lire tranquillement, à intérioriser, à rendre grâce…
Dieu « nous a fait naître à nouveau pour une vivante espérance ».Nous vivons déjà une vie où tout ce qui arrive se déploie dans un « humus existentiel » habité par Dieu, dont la force (la grâce) nous rend capables d’affronter notre propre vie, avec ses possibilités et ses limites, joies et souffrances, succès et échecs… non pas comme quelqu’un qui « endure » pour obtenir à la fin on ne sait quelle récompense, mais avec la joie profonde de celui qui se sait né de nouveau et est, de fait, sur ce chemin vers la plénitude dont tout cœur humain a soif.
Plénitude que nous entrevoyons « déjà » souvent comme avant-goût, bien que nous n’en jouissions pas « encore » complètement. Plénitude qui n’est pas le résultat de nos efforts et ne nous permet de nous attribuer aucun mérite.
Et cela nous est difficile à assumer comme attitude existentielle, car il semble que le besoin de succès et de reconnaissance soit inscrit dans notre ADN ; promu dans nos sociétés il se convertit parfois en l’objectif de nos vies.
Supplions le Seigneur de nous offrir l’allégresse extraordinaire de comprendre quelque chose de son AMOUR et d’expérimenter la joie de la liberté qu’il y a à se donner, sans autre but ou objectif que le désir de répondre avec amour à l’AMOUR. « Tout le reste vous sera donné par surcroit… ».

II. « Alors, qui peut être sauvé ? »
Nous sommes devant le récit connu comme celui du « jeune homme riche ». Celui dans lequel, peut-être nous sommes-nous « regardés » parfois en essayant de calibrer notre degré de disponibilité à l’appel que nous recevons de Jésus.
Un jeune, parfait s’il en est, et disposé à faire tout ce qu’il faudra pour être sûr d’atteindre la vie éternelle. Sa question est centrée sur lui-même, il ne considère rien de ce qui existe autour de lui. Jésus lui répond en lui rappelant les commandements. Cela ne lui sert pas : il les a observés depuis sa jeunesse. (Il faut être inconscient pour l’affirmer !)
Jésus s’apprête, avec affection - dit le texte - à suggérer la nouveauté radicale de sa proposition. Le jeune ne peut l’accepter : il a trop de biens et se sent incapable de les laisser. La « muraille » de ses richesses, qui l’enserrent, est ce qui l’empêche de profiter pleinement de la liberté et de la joie de suivre Jésus. Et il ne pourra jamais le faire s’il ne traverse pas cette muraille…
Le commentaire de Jésus et le dialogue avec ses disciples a pour moi quelque chose de particulièrement surprenant. Jésus déclare la difficulté pour les riches d’entrer dans le Royaume de Dieu… et les disciples sont effrayés ! « Alors, qui peut être sauvé ? »
Qu’est-ce que les disciples entendaient par salut ? Sommes-nous encore dans la mentalité de l’Ancien Testament pour laquelle les biens matériels sont l’expression de la bénédiction de Dieu, du salut ? Ils étaient avec Jésus et croyaient que c’étaient les riches qui pouvaient être sauvés…
Peut-être vivons-nous une fracture intérieure ?
J’ai peut-être beaucoup de biens, qui débordent le domaine uniquement économique. Je les considère comme de ma propriété, et ne parviens pas à me sentir comme l’enfant qui a besoin de recevoir absolument tout des autres pour pouvoir survivre et être… et étant avec Jésus, comme les apôtres, je ne me rends pas compte que c’est précisément là que se trouve le salut. Et je ne peux pas en bénéficier…
Pas d’importance. Notre incapacité à en prendre conscience offre à Jésus l’occasion de nous assurer du fondamental : « pour les hommes c’est impossible, mais non pour Dieu. Car Dieu peut tout ». MERCI.

Sr. Gotzone Mezo