Commentaire des lectures bibliques du 11 juin 2018

Publié le : 4 juin

Sr Virgilia LEON GARRIDO - CRSD - Province d’Espagne
Fête de St Barnabé, apôtre
Lundi de la 10ème semaine du temps ordinaire

LECTURES : Ac 11,21-26. 13,1-3 Mt 5, 1-12

“Voyant la grâce de Dieu à l’œuvre, il fut dans la joie. »
Nous célébrons aujourd’hui la fête de Saint Barnabé apôtre. Entendre ce nom me relie rapidement à un autre grand apôtre : Saul de Tarse. Grâce aux textes de Luc, nous pouvons affirmer que Barnabé fut le « médiateur » dont l’Esprit Saint s’est servi pour introduire Paul dans l’Eglise d’Antioche. Et c’est de là que tous les deux seront envoyés plus tard à la nouvelle et particulière mission d’annoncer la Bonne Nouvelle aux gentils : « vous serez mes témoins jusqu’aux limites de la terre ».
Cela serait déjà une grande reconnaissance à l’égard de cet apôtre. Mais il y a plus : le début de la première lecture souligne que la nouvelle était arrivée à Jérusalem : Le Seigneur prêtait « main-forte » et bénissait les efforts des frères de Chypre et de Cyrène qui ouvraient le chemin aux Grecs, à Antioche, première Eglise où se mélangeaient les Juifs croyants en Christ et les convertis du monde païen. Ce fait peut-il être encourageant ou représenter un défi ? L’annonce de l’évangile a de l’avenir. Cette nouveauté touche l’Eglise de Jérusalem et elle envoie un homme qui a le talent d’écouter, d’exhorter, de consoler et le pense le plus à même de confirmer les nouveaux frères dans la foi. Il est présenté comme « un homme de bien, rempli d’Esprit Saint et de foi. » N’est-ce pas le meilleur désir qu’aie ou puisse avoir tout chrétien : celui d’être un jour ainsi présenté ? Pour y parvenir il n’y a qu’un chemin : devenir des personnes dociles à l’action de l’Esprit, nous laisser modeler par Lui, le supplier pour que l’intensité de nos résistances diminue et que nous devenions de vrais disciples du Chemin.

Qu’est-ce que Barnabé a vu en arrivant ?
« Il a vu la grâce de Dieu » dit le texte. Nous sommes devant un homme de foi ; l’Esprit qu’il porte lui fait comprendre la force que donne l’accueil de la prédication de l’Evangile. Il a vu une Eglise du Christ déjà établie. Il a constaté que le salut outrepasse toutes les barrières culturelles, de race, de religion, de sexe, petites ou grandes. Depuis le début, la miséricorde de Dieu est comme les parois d’un grand utérus qui accueille et protège toute vie, c’est-à-dire : sauve.
En regardant la réalité de notre monde, de notre Eglise de nos communautés, nous pouvons nous demander pourquoi il nous est si difficile de donner vie aux dons de l’Esprit. La grâce de Dieu continue à être vivante et agissante ! Aujourd’hui aussi, en toi, en nous.

« Mettez à part pour moi, Barnabé et Saul, en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés »

Ce chapitre 13 est très important pour Paul, Barnabé et leurs compagnons. Les voyages missionnaires qu’ils vont faire ont leur origine et leur référence à l’Eglise d’Antioche. Ils vont avoir une relation étroite avec la communauté. Toute Eglise locale et l’Eglise universelle ont un bon modèle à imiter en cette Eglise tellement impliquée dans la prédication de l’Evangile. La communauté prie, confirme dans la foi et envoie.

« Mettez à part pour moi, Barnabé et Saul, en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés ». Le texte personnifie l’Esprit Saint qui parle, donne des instructions, sans que nous sachions à qui. Si nous nous fions au texte, il semble que ce soit à l’Eglise d’Antioche en totalité. Voici l’important pour toute communauté, quand nous nous interrogeons sur la ‘sortie’ pour évangéliser.
« Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir ». De cette manière solennelle, ils confient Barnabé et Saul à l’œuvre spécifiée par l’Esprit Saint. Le même Esprit qui les avait appelés, les guide sur le chemin.
Même si nous ne changeons pas de continent, c’est une bonne action de mettre en œuvre cet « envoi » en début d’année dans nos communautés paroissiales et/ou religieuses. Si nous y donnons du « sens », c’est un grand engagement personnel et communautaire. Engagement à soutenir, à ne pas laisser les autres seuls à la tâche.

« Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse »
Outre le fait de laisser le texte des Béatitudes nous parler de lui-même, je veux seulement ajouter que ces premiers apôtres incarnent dans leur vie quotidienne le message de Jésus qui conduit au vrai bonheur. C’est le choix de ceux qui veulent et font de la participation au Règne de Dieu une réalité.
Le texte répète et répète : bienheureux…, bienheureux…, bienheureux… Pouvons-nous le croire ? Le crois-tu ? Le croyons-nous ? Nous sommes invités à le prier.