Commentaire des lectures bibliques du 23 juillet 2018 - 16ème semaine du temps ordinaire

Publié le : 21 juillet

Lectures : Gal 2,19-20
Jn 15,1-8

Je vous suggère de commencer par élargir la lecture du texte aux Galates que la liturgie nous propose aujourd’hui. Vous pourrez ainsi découvrir la différence qu’il présente et peut-être faire l’expérience du pourquoi de l’option de ces seuls deux versets.

Maintenant je vis en croyant au Fils de Dieu

En quelques mots, Paul synthétise ce qui est central dans le message chrétien et son propre choix de vie. Permettre à la grâce de se faire un espace en lui, en moi, en toi.
Le salut de l’être humain ne vient que de Dieu et passe par l’adhésion de la personne à Jésus-Christ et à son message. « Je suis crucifié avec le Christ... je vis en croyant au fils de Dieu » affirme l’Apôtre. Mais comment faire de cela une réalité ? Nous savons tous que par le baptême nous avons été incorporés au Christ et pourtant combien de désertions ou de ruptures de la grâce, que mon « moi » effectue dans le cours de la vie ! Qui ne s’est pas heurté à cette loi !

Malgré cette constatation, notre désir de devenir « un autre Christ » comme l’a dit Saint Alberto Hurtado, s’avive de jour en jour. Non pas parce que nous serions sûrs de notre force "parce que disait Paul quand je suis faible, c’est alors que je suis fort " (2Cor 12,10) C’est ce que nous pouvons confirmer nous-mêmes après chacune de nos chutes, quand nous prenons conscience de notre petitesse, de sa grande miséricorde et de son nouvel appel : J’ai besoin de toi et ma grâce te suffit.

Imiter le Christ ! Comment cela se fait-il ? Cela ne ne se produit pas comme le font les grands imitateurs sur les places, au théâtre ou à la télévision. Quelques-uns arrivent à être une bonne copie de leurs modèles. Il n’en est pas ainsi pour le chrétien. Il ne s’agit pas de faire ce que Jésus a fait, mais ce qu’Il ferait et comment Il le ferait s’il était ici à ma place et à mon époque. Il ne s’agit pas de nous transplanter dans une culture morte et passée, ni de faire une reconstruction historique de sa vie. Nous avons déjà été sauvés, il n’y a pas d’autres sauveurs !
Ce dont notre monde a besoin et que nous pouvons faire, c’est de laisser la grâce qui vient du Christ se saisir de nous, agir en nous et nous engage dans la construction de son Règne. C’est comme nous le dira l’évangile de ce jour : laisser couler la sève du tronc de la vigne, le Christ, dans tous les sarments. Ainsi nous produirons de meilleurs fruits. Je vous invite à dire et prier le poème de Sainte Thérèse d’Avila :
Je vis sans vivre en moi.
Je vis déjà hors de moi,
quand je meurs d’amour ;
parce que je vis dans le Seigneur,
qui m’a voulue pour Lui.

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire »
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jean nous encourage à grandir et demeurer dans la foi en nous présentant une image agricole : la vigne, les sarments, le vigneron. Notre foi ne peut nous soutenir que si elle se nourrit du Christ ressuscité. Le sarment séparé de la vigne ne porte pas de fruit ; il ne suffit pas pour le sarment d’être proche du cep, il faut qu’il y soit uni. Dans la première lecture Paul nous dit « Ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi ».
Pour donner du fruit nous devons connaître à fond la vie de Jésus, faire des choix de vie qui nous conduisent à vivre le plus possible comme lui (non par imitation : Lui est Dieu, nous sommes des créatures aimées et finies), nous laisser illuminer par l’Esprit qui nous enseignera et nous donnera des forces, de l’énergie pour vivre sur le chemin qui nous est offert et parvenir à être ses témoins.
Les paroles que Jésus nous adresse sont des paroles de consolation, d’encouragement. Nous avons reçu gratuitement le don de la vie, et il s’engage pour que nous ne soyons jamais seuls parce que le Père nous aime, prend soin de nous et nous protège. C’est ce que fait le bon vigneron avec sa vigne (Ps 80 ; Is 5,2ss).

A quelle distance suis-je de Jésus ? proche, lointaine ? Si vous le pouvez, contemplez une vigne et tous ses sarments … Suis-je un sarment qui porte fruit ou le sarment qui croît, s’élève avec seulement des feuilles voyantes ?
Que ceux qui sont en vacances se reposent, reprennent force… et que la bénédiction de Dieu nous protège tous.

Sr Virgilia León. CRSD