Commentaire des lectures bibliques du 9 juillet 2018

Publié le : 7 juillet

Commentaire de Sr Gotzone MEZO Province d’Espagne

Lectures :
• Os 2,16.17b-18.21-22
• Ps 144
• Mt 9, 18-26

1- Je la conduirai au désert, je lui parlerai au cœur.
Audace et liberté du prophète Osée. Dans sa situation historique, Osée dénonce surtout l’infidélité du Peuple au Seigneur, lequel doit subir le châtiment correspondant (schéma que nous aussi utilisons parfois). Mais de manière surprenante, et à partir de son expérience personnelle, Osée fait un saut dans le vide et est capable de percevoir la relation de Dieu avec son Peuple au travers du symbole conjugal. En pensant à froid, cela ne paraîtrait-il pas scandaleux pour beaucoup d’utiliser cette analogie pour se référer à Dieu ?

Osée, homme dont nous séparent plus de 2700 ans, vivait dans une culture dont la violence et la guerre faisaient partie. Et il parvient à avoir l’intuition que la relation entre Dieu et nous est essentiellement une relation d’amour. D’un amour toujours fidèle, qui pardonne et sauve, qui nous attend. Pour Osée, à partir de son expérience, l’amour intime et à toute épreuve de l’époux pour la femme qui lui a été infidèle.
On tremble à se situer devant Dieu en essayant d’assumer cette réalité. De fait, nos célébrations, dans certains des contextes où nous vivons, peuvent difficilement suggérer la certitude de l’amour comme essence de notre relation à Dieu.
Et moi, personnellement, j’aspire à être capable de m’exposer à son regard avec l’émotion joyeuse avec laquelle on attend qui nous aime ? Suis-je en chemin vers cette relation d’amour qui nous constitue et nous configure ?

Le risque de nos nombreuses activités qui occupent le temps et l’esprit, la tentation de nous centrer en nous-mêmes, l’inconsciente illusion de contrôler nos vies, l’oubli que la possibilité ‘’d’être’’ implique la relation… peuvent se convertir en murailles qui nous empêchent de nous déplacer vers l’Amour qui s’offre et attend.
Sans doute avons-nous besoin, nous aussi, qu’Il nous conduise au désert et nous parle au cœur. Et de retrouver l’amour premier dont, nous voudrions qu’en mûrissant tout au long de la vie, il soit notre amour ultime. Et de nous réjouir d’avoir un Dieu qui se définit par l’amour.

2- Elle pensait qu’en touchant seulement son manteau elle serait guérie
Matthieu nous relate en version abrégée par rapport aux récits de Marc et Luc, deux interventions de Jésus dans lesquelles la FOI est soulignée comme clé d’accès à la vie en son sens le plus profond et le plus complet.
Jésus rend à la vie. Il s’agit de deux femmes. Vulnérables du fait de leur condition (sans droits), mais aussi à cause de leur situation vitale. La fillette est aux portes de la mort. La femme souffre depuis des années d’une maladie qui non seulement affecte sa santé physique mais la marginalise socialement à cause de sa condition ‘’d’impure’’.

La petite fille n’a pas le moyen d’arriver jusqu’à Jésus. Son père, chef de synagogue selon les récits de Marc et Luc, le fait. Il choisit la possibilité de la vie même si cela lui coûte la désapprobation ou la condamnation des siens.
La femme a épuisé les possibilités de guérison à sa portée. Jésus apparaît dans sa vie à un moment clé : les portes se fermaient et il semblait qu’il n’y avait pas de guérison possible pour son mal. Et elle a l’intuition, enfin, de l’endroit où elle peut trouver sa guérison. Toucher la frange de son manteau suffira.

Beau récit pour nous aider à trouver « notre lieu ». Ici, nous ne pouvons pas nous mettre à la place de Jésus, comme nous essayons si souvent à entendre l’Evangile. Notre prétention de « sauveurs » nous conduit à oublier que, fondamentalement, nous sommes « sauvés ».
Quelles situations de ma vie ont besoin de guérison ?
Je cherche à faire ma vie toute seule ? Jésus est-il ma vraie et profonde espérance, sans supplanter ni me dispenser de ma responsabilité ?