Commentaire des lectures du jour : Lundi 26 avril 2021 - 4ème semaine de Pâques

Lectures :
1Co 2,1-10
Ps 118, 99-100. 101-102. 103-104
Mt 5,13-16

1-Que votre foi s’appuie sur la puissance de Dieu

Vivre Pâques signifie nous laisser rencontrer par le Ressuscité, accueillir la Vie qu’Il nous donne pour qu’elle se déploie en nous et dans notre monde. C’est la mission à laquelle nous sommes invités.
Une mission que nous pouvons donc réaliser seulement si le Seigneur a touché notre vie et que nous nous sommes laissé transformer par Lui. Pour Paul cela veut dire ‘connaître le Christ’ : vivre l’expérience de se sentir aimé et sauvé par un Dieu qui est sorti à sa rencontre, sur le chemin de Damas ; un Dieu au visage de crucifié, qu’il a persécuté et devant qui il tombe à genoux pour dire : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » ; un Dieu dont la Grâce a été plus forte que son enfermement et son péché.
Devant ce Christ, que Paul porte imprimé en ses entrailles et qui se convertit pour lui en moteur, force et sagesse de sa vie et de sa prédication, que peut dire un être humain ? Quelle parole ou quel geste humain peut exprimer tant d’amour ? Comment, dans la prédication, ne pas sentir ‘terreur et tremblement’ comme le sentait Paul ? Et pourtant le Seigneur l’envoie, nous envoie pour être ses témoins, avec nos limites et nos pauvretés, et précisément avec elles. Il nous demande seulement de mettre nos yeux, nos oreilles, notre voix, nos mains et nos pieds à son service, et surtout de faire confiance à la force de l’Esprit, capable de nous révéler ce qu’au fond notre cœur désire et que Dieu Père nous a remis en son Fils.
Interrogeons-nous aujourd’hui : dans notre désir d’annoncer le Christ et d’accompagner la croissance des personnes dans la foi, sur quoi ou sur qui nous appuyons-nous ? A quoi donnons-nous de l’importance ? Faisons-nous confiance à la force de Dieu pour toucher et transformer les cœurs de ceux à qui nous voulons annoncer sa Parole ?

2-Vous êtes le sel de la terre

Souvent, en écoutant ce passage de l’Evangile, nous y avons vu une sorte de tâche à réaliser, quelque chose à quoi nous devons parvenir en tant que chrétiens. Mais si nous y faisons attention, le texte ne nous dit pas que nous « devons être sel ou lumière » de la terre mais que, de fait, nous le sommes. C’est quelque chose qui appartient à notre essence, qui nous définit, qui se réfère à notre identité. C’est pourquoi je vous invite à approfondir ces deux symboles si quotidiens dans notre vie, dont nous ne prenons conscience que lorsqu’ils nous manquent ou sont présents en excès. Que nous apportent-ils et qu’est-ce qui en eux attire notre attention ?
Certainement, chacun de nous découvrira beaucoup de nuances ; aujourd’hui, se présente à moi avec force la capacité de l’un et l’autre élément à faire que, là où ils sont présents, tout est mis en valeur. Dans le cas du sel, la saveur des plats ; et dans celui de la lumière, la forme, la couleur et l’éclat de chaque élément qui reçoit cette lumière. Nous estimons le sel, non de manière isolée, mais dans le mets que nous allons déguster. Sinon, à quoi servirait-il ? Et nous avons de l’estime pour la lumière quand nous voyons les choses avec clarté et netteté. Et parce que nous savons ce qu’est un plat savoureux et ce que signifie pouvoir profiter de la vision de la création, nous nous rendons compte de la nécessité du sel et de la lumière pour la vie.
Si chacun de nous sommes sel et lumière du monde, cela signifie que nous ne pouvons être pleinement ce que nous sommes sans nous ouvrir d’un côté à recevoir de Dieu, des autres et de la création, le sel et la lumière dont nous avons besoin pour que sorte de nous ce qu’il y a de plus précieux et authentique ; mais en même temps, cela ne peut se manifester comme tel qu’offert gratuitement aux autres, qui eux aussi ont besoin de s’ouvrir à notre don pour être eux-mêmes en plénitude.
Identifier l’être de la personne et sa mission comme sel et lumière du monde, m’invite aujourd’hui à prendre conscience de notre interdépendance, et de l’importance de vivre au service du bien commun et de la fraternité. Non comme une option parmi d’autres, mais comme la seule qui exprime notre véritable identité humaine.

Sr María Ferrández Palencia