Commentaire des lectures du mercredi 27 février 7ème semaine du temps ordinaire par Sr María Ferrández Palencia

Lectures :
Ecclésiastique 4,12-22
Ps 118, 165.168.171.172.174.175
Mc 9,38-40

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous »

1- Ceux qui aiment la Sagesse aiment la vie

La première lecture de l’eucharistie d’aujourd’hui nous fait entrer dans une nouvelle section du livre de l’Ecclésiastique, introduite par un éloge de la Sagesse. Celle-ci y est présentée de manière personnifiée, comme une mère qui instruit et stimule.

Dans la première partie il nous est dit que les bénéfices sont nombreux pour ceux qui l’aiment, la cherchent, l’atteignent, la retiennent ; d’un côté, l’amour de la vie et de l’autre la faveur, la gloire, la bénédiction et l’amour du Seigneur.
Dans la seconde, elle-même prend la parole et s’adresse au lecteur en le plaçant devant un double chemin : celui qui se laisse guider par la Sagesse, l’écoute et se livre à elle, vit sous sa protection, comprend ses secrets, outre qu’il apprend à juger avec droiture, même s’il doit passer par l’épreuve ; mais celui qui s’en écarte, perd sa protection et se trouve voué à la ruine.

A travers la lecture nous sommes invités à découvrir cette Sagesse dans nos vies comme un trésor qu’il faut chercher, désirer, aimer et accueillir parce qu’elle nous conduit par des chemins de vie et de bénédiction et nous donne de voir ce qui est important dans la vie, ce qui vaut la peine ; c’est seulement conduits par elle que nous pouvons marcher orientés, libres, sûrs et confiants.

2- « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous »

Dans l’évangile d’aujourd’hui, de manière pédagogique, Jésus nous montre quelques attitudes qui peuvent s’infiltrer en nous dans la mission de chaque jour : la tendance à vouloir parfois monopoliser les « bonnes actions » ; penser que nous faisons les choses mieux que les autres ; croire que d’autres groupes ou d’autres personnes n’ont rien à nous enseigner et que nous n’avons rien à apprendre ; penser que le fait d’appartenir à un groupe déterminé nous donne la garantie de posséder la vérité, même en étant conscients de la quantité de bêtises et d’atrocités que nous faisons parfois et justifions au nom de l’Evangile.

Le texte nous offre des clés de discernement au moment de juger et de valoriser tant d’actions bonnes qui se réalisent dans le monde, sans sigles de partis ou de groupes, sans étiquettes, ou au moins sans la nôtre.

Parce que, finalement, de quoi s’agit-il dans la mission ? Qu’est-ce qui a été le plus important pour Jésus ? Bien sûr, le centre en a été de rendre possible la table du Royaume, l’expérience de la fraternité universelle comme expérience de communion autour du repas partagé à la table de l’égalité, de la justice, de l’amitié, de la réconciliation. L’Eglise, les institutions religieuses n’existent pas pour elles-mêmes. Leur objectif n’est pas de perdurer dans le temps, mais de collaborer au projet de Jésus, que personne ne peut s’approprier.

Tous les exclusivismes et particularismes ne sont rien d’autre qu’un contre-témoignage et défigurent l’Evangile qui nous convoque toujours à la rencontre.

C’est pourquoi, plutôt que de chercher ce qui nous sépare, Jésus nous invite aujourd’hui à chercher les lieux communs qui permettent la communion ; et faire le bien est le lieu commun de rencontre pour l’humanité, puisque tous, créés à l’image et à la ressemblance du Dieu Amour, nous portons inscrit, à l’intérieur de nous, la capacité du bien. Alors, réjouissons-nous du bien d’où qu’il vienne.

Sr María Ferrández Palencia