Décembre : un mois plein de fêtes et de célébrations en Suède #2

Publié le : 14 décembre 2025

Sr Madeleine parle-nous de l’Avent en Suède...

Le 8 décembre

Non, l’église luthérienne ne fête pas l’Immaculée Conception et par conséquent il n’y a rien de spécial ce jour-là. MAIS : on a gardé la fête de toutes les femmes portant le nom de Virginie !! Et les luthériens aiment bien Marie et elle a presque toujours un petit coin spécial dans les églises.

Voici un triptyque marial avec des femmes saintes autour de Marie du 13ème siècle dans une église médiévale au sud du pays. Il existe un grand nombre de telles triptyques médiévaux en Suède. (image ci-dessous)

Le 9 décembre – la fête de la mère de la Vierge : Anna

Traditionnellement, c’était le jour quand on a commencé les dernières préparations pour les fêtes de Noël (à part que la moitié de la population féminine s’appelle Anna et fête ce jour-là). On goûte à la bière de Noël, on prépare la morue macérée dans la soude (très particulier comme poisson), on fait tout le pain pour Noël et bien d’autres choses...

Voici une statue médiévale de Sainte Anne avec la jeune Marie sur ses genoux qui à son tour porte Jésus. C’est un type de statue qui était énormément populaire au Moyen Age en Suède. Celle-ci se trouve dans la grande église médiévale de Sainte Brigitte à Vadstena (maintenant luthérienne). (image ci-dessous)

La fête de Nobel, le 10 décembre

Je suppose que la fête de Nobel est connue dans le monde entier. Le soir, la télévision transmet toutes les festivités de la grande salle de l’Hôtel de Ville de Stockholm – c’est extraordinaire ! On a l’habitude de prendre un verre de champagne le soir pour nous « unir » avec tous les lauréats et célébrités !

C’est aussi une fête en honneur de la créativité, de la recherche... C’est la femme Astrid Söderbergh Widding qui est à la tête de l’Association de Nobel et qui invite au toast principal ce soir là, le toast au roi et aux lauréats. Pour nous c’est spécial car Astrid est dominicaine laïque !

Le 13 décembre

La fête de Sainte Lucie n’a effectivement rien à faire avec la sainte de Syracuse !
Dans l’ancien calendrier c’était le solstice d’hiver et donc la nuit qui attirait toute sorte de mal, des trolls et des ogres. Les fermiers dans l’ouest du pays, plein de forêts et avec un noir dense, envoyait une jeune fille blonde, habillée en blanc et portant des bougies pour traverser la ferme pour effaroucher tous les ogres. Plusieurs siècles plus tard, à la fin du 19ième et au début du 21ème siècle des ethnologues ont ravivé la tradition avec la Lucie moderne et toutes les autres figures qui se trouvent dans les célébrations de Noël. Donc on a des cortèges des Lucies et ses demoiselles d’honneur et des garçons d’honneurs, normalement des chorales qui chantent partout le 13 décembre, dans les églises, les hôpitaux, les écoles, sur les places... On a tout un trésor de chants pour cette fête-là. Selon la tradition il faut que la Lucie réveille la famille de la maison avec du café et du pain au safran.

Le 17 décembre

L’intensité de l’attente du Messie commence le 17 avec les antiphones O. O Sapientia, O Adonai, O radix Jesse, O clavis David, O oriens, O Rex gentium, O Emmanuel. On chante les Antiennes, bien sûr, mais aussi l’hymne O viens Emmanuel qui est aussi populaire chez les luthériens que chez les catholiques. Les gens attendent vraiment un Libérateur aujourd’hui ! Cette dernière semaine avant Noël est une expression forte de cette attente !

Sr Madeleine