HONTANAS… le rêve impossible ?

Publicado el : 31 de agosto

J’avais lu quelque chose là-dessus sur le site de la congrégation il y a quelques années. Cela avait éveillé en moi une certaine nostalgie. Le chemin de Saint Jacques… c’est le rêve impossible, trop loin, trop vieille ! Et voilà que j’y suis, incroyable mais vrai. Depuis dimanche Elena, Gotzone, Ester, et moi sommes dans ce lieu magnifique.

Pour moi, qui découvre l’Espagne pour la première fois de ma vie, quelle joie de contempler ce vaste paysage ouvert, de collines et de plaines. On y respire l’air de Dominique, on suit sa trace, la bonne odeur de Jésus Christ…

Tous les après-midis nous allons à la rencontre des pèlerins. Ils sont sans doute moins nombreux cette année, mais ils sont là : espagnols, italiens, quelques français, des allemands, venus d’Europe de l’Est, des États Unis, de plus loin, des coréens… toutes les langues que je sais plus ou moins bien sont utilisables : allemand, anglais, français, suédois (pas encore !).

Après la messe nous nous installons sur la place de l’Église pour le massage des pieds. Le premier soir Elena, la spécialiste, s’y est exercé toute seule ! depuis - apprentissage rapide - nous nous y sommes toutes mises pour la joie des pèlerins, contents qu’on s’intéresse à leurs pieds et profitant de ce temps d’écoute et d’échange…

Je dois pourtant confesser que ma carrière de masseuse n’a pas fait long feu ! Après quelques essais je me suis simplement assise sur un banc et j’ai écouté les gens…
Cette jeune française à qui la route a donné le désir de faire une retraite… mais comment s’y prendre ? dans l’Église elle a trouvé une Bible en français et elle a commencé à la lire depuis la première page… Ce musicien qui cherche le sens de sa vie… et cet autre arrivé à 10 ans en France…

Le soir avec ceux qui sont là - il suffit de deux ou trois - nous terminons par une prière, une danse, toute simple de bénédiction dans l’Eglise : Bénédiction de la terre qui nous porte, qui nous nourrit qui nous bénit et que nous bénissons, de ceux qui nous entourent, de ceux qui nous ont précédés sur le chemin, de ceux qui sont en route, de nous-mêmes.

Aujourd’hui nous sommes heureuses de célébrer Sainte Claire avec les clarisses qui nous hébergent dans une dépendance de leur beau monastère aux murs épais. Elles ont une clôture stricte et à travers la grille je n’en ai jusqu’à présent aperçu que deux, une jeune et une vieille toutes deux au visage rond et clair !

De rêve, Hontanas est devenu pour moi une réalité et je remercie les sœurs qui m’ont permis de vivre cette belle expérience, il était temps, car comme dit Quoélet « vient le temps où les femmes l’une après l’autre cessent de moudre », c’est le temps d’autre chose, d’un autre pèlerinage !

Sr Véronica Tournier (France)