Histoires de migrants au Japon
Il y a quarante ans, j’ai participé au programme de « formation permanente » de la congrégations des sœurs au Japon. Cette expérience, qui m’a permis d’interagir avec de nombreuses personnes du quartier industriel de Kawasaki, dans la préfecture de Kanagawa, est un précieux souvenir.
Je savais que les maladies liées à la pollution dans la région étaient devenues un problème social, mais j’aimerais vous parler de ce que j’ai appris en visitant la région.
La population de cette région était principalement composée de travailleurs migrants japonais et de résidents coréens au Japon. La construction de bâtiments et l’extension des routes autour de Tokyo s’achevant à toute vitesse. Le développement économique fut stimulé par l’impact de la guerre de Corée, lorsque de grandes entreprises (comme Mitsubishi Heavy Industries) coopérèrent avec l’industrie militaire pro-américaine.
J’ai découvert le règlement d’après-guerre, méconnu du grand public, et comment le Traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon a acquis une force politique et a été réformé juridiquement. J’ai vu comment le Japon devenait un pays coopérant avec les États-Unis dans l’effort de guerre.
Le gouvernement a coopéré avec les États-Unis, qui ont déclenché la guerre du Vietnam, en mettant en œuvre des politiques accordant un traitement préférentiel aux grandes entreprises. L’opposition des étudiants au Traité de sécurité s’est intensifiée. Les étudiants arrêtés ont eu du mal à trouver un emploi, malgré leurs talents, et n’ont pas pu être embauchés par de grandes entreprises ni devenir fonctionnaires.
Nombre des étudiants qui ne pouvaient pas retourner dans leur ville natale travaillaient comme sous-traitants dans la construction routière et d’autres secteurs du bâtiment à Kawasaki. Pendant leurs jours de congé, ils formaient un groupe appelé la Société de la Pierre. La fumée émise par les usines chimiques était une cause de la maladie de Kawasaki, mais ces étudiants devinrent acupuncteurs agréés, enseignèrent et proposèrent gratuitement des traitements d’acupuncture et de moxibustion afin de pouvoir se soigner eux-mêmes et s’entraider. Un autre groupe organisait des cours d’alphabétisation gratuits pour les mères abandonnées après la guerre et pour les personnes âgées analphabètes qui rencontraient des difficultés au quotidien. Ils ont ouvert des écoles préparatoires pour les enfants de deuxième et troisième générations de ces immigrants, les garçons et les filles délinquants, et les enfants qui séchaient l’école et ne parvenaient pas à suivre leurs études. J’ai entendu des histoires sur la façon dont ces enfants sont devenus des personnes bien.
Il n’y avait ni discrimination ni préjugés, et un esprit d’entraide en cas de difficulté est né. J’ai été touché et j’ai sympathisé avec le groupe qui menait ces activités.
Les employeurs traitent leurs employés comme des esclaves. Si l’un d’eux ne fait pas bien son travail ou est en retard, une baisse de salaire est la norme. En cas d’échec, il est licencié, ce qui signifie qu’il perd son emploi. Dans des moments comme celui-ci, de nombreux étudiants, brandissant des drapeaux syndicaux, se rassemblent de partout et organisent des manifestations. J’ai également participé à la manifestation en direction du siège de Nippon Kokan, écoutant divers témoignages tout au long de la marche et découvrant l’état actuel de la société, invisible du point de vue du quartier où je vis.
La Constitution garantit à chacun le droit à la vie, le droit à l’éducation, le droit à l’égalité des sexes et le droit au bonheur. C’est pourquoi les citoyens paient des impôts au pays. Les ressortissants étrangers paient également des impôts. Cependant, je m’interroge sur le fait que les protections prévues par la Constitution soient limitées aux Japonais. Je pense que les personnes qui ont immigré au Japon aujourd’hui doivent réfléchir à la manière dont elles devraient réagir face au fait d’être exploitées pour le bien de leurs employeurs dans le cadre d’un système contrôlé.
Au travail, la liberté de pensée est interdite, et l’obligation est d’accomplir fidèlement le travail quotidien sur la chaîne de montage. Ces personnes vulnérables, qui luttent pour joindre les deux bouts sans pouvoir briller par leur propre but dans la vie, tentent d’être japonaises. Elles font de leur mieux pour éviter les critiques de leurs employeurs ou de leurs voisins.
Pour les immigrants, obtenir un statut de résident exige beaucoup d’argent, d’efforts et de stress. Ils peuvent avoir besoin d’un garant, et j’ai entendu dire que la révision de la Loi sur le contrôle de l’immigration et la reconnaissance des réfugiés a rendu possible la révocation du statut de résident permanent, ce qui a suscité une anxiété croissante quant à l’avenir.
Lorsque je rencontre des personnes qui vivent avec l’anxiété face à l’avenir, je sens que chacun d’entre nous doit trouver la force de faire des efforts pour créer une société où nous pouvons « vivre ensemble » dans nos propres circonstances. Le Japon est confronté à une grave pénurie de main-d’œuvre, tout en déclarant « vivre ensemble », les principaux métiers des travailleurs étrangers sont la sous-traitance pour les usines, le transport de matériel, la restauration, la construction, les usines textiles, les équipements électriques, etc. Il existe des différences selon les régions. Dans le secteur agricole, les producteurs demandent souvent des travailleurs pendant la haute saison des récoltes.
Je suis impliqué dans l’église Sennan Block depuis deux ou trois ans. J’ai eu l’occasion d’entendre les histoires d’immigrants à Shiroishi, Okawara, Tsunoda et Watari.
Analyn, de nationalité philippine, a été affecté à son poste le matin même de son arrivée. Il a exprimé une certaine résignation, affirmant qu’il n’y avait aucune procédure ni explication pour le travail et qu’il n’avait d’autre choix que de regarder ce que faisait la personne à côté de lui.
Le mari d’Aoto Ida est décédé et son enfant vit seul loin. Elle est tombée malade après avoir travaillé pendant des heures, par une chaude journée de juillet, à la récolte de tomates dans des serres. Elle souhaitait faire une pause, mais n’avait pas pu la demander. Je n’avais jamais pu le dire à voix haute jusqu’à maintenant.
Sonja, professeure de nationalité mexicaine bénéficiant d’un statut de résidente spéciale, a expliqué qu’elle n’était pas employée à temps plein, qu’elle était confrontée à une disparité salariale et qu’elle n’avait pas de carte d’assurance maladie.
De plus, Imelda Hayashi est venue au Japon en tant que mariée et n’est pas revenue au Japon pendant 30 ans, travaillant dans les tâches ménagères et agricoles sans pouvoir parler japonais. Il y a quelques années, elle s’est occupée de sa beau-père et il est décédé. Elle a expliqué dans un japonais hésitant qu’elle était désormais malade et qu’elle avait pu se rendre à l’hôpital avec l’aide de son mari.
Le dimanche, lorsque je me rends à la cathédrale du diocèse de Sendai, je constate que beaucoup de jeunes qui assistent à la messe sont vietnamiens. Leur japonais est à peine assez avancé pour leur permettre de saluer les gens. La plupart d’entre eux sont venus au Japon par l’intermédiaire d’intermédiaires à la recherche d’un emploi et sans avoir le temps d’étudier. Je constate également de nombreux problèmes avec les stagiaires techniques. Ils ont contracté des prêts pour venir au Japon, ils ne peuvent donc pas changer d’emploi, n’ont pas le droit de se déplacer ni de faire des choix, et sont surveillés et contrôlés. Le dimanche et les jours fériés sont les jours où ils peuvent pleinement profiter de leur liberté. Il y a des tentations partout autour des jeunes, et des petites infractions aussi. Ils sont souvent convoqués à la police pour des faits qui ne mèneraient pas à l’arrestation d’un Japonais.
Sœur Mai, des Sœurs du Bon Pasteur, est vietnamienne et leur demande conseil. Elles échangent des informations grâce à un réseau. Les immigrants coréens au Japon sont également liés par des liens forts, et nous devrions suivre leur exemple. Les problèmes difficiles auxquels étaient confrontés les immigrants que j’ai rencontrés à Kawasaki il y a 40 ans et les défis auxquels sont confrontés les Japonais impliqués dans ces problèmes ont peut-être changé de forme, mais j’ai le sentiment que la discrimination et les préjugés concernant les questions essentielles des droits de l’homme n’ont pas disparu, même en termes politiques. Cependant, si nous nous comprenons, les plus faibles reconnaîtront la nécessité de s’entraider.
Il y a de l’espoir que le peuple japonais sera courageux et changera pour s’entraider. Tout d’abord, dites bonjour. Parlez aux autres. Les chefs religieux et les éducateurs, en particulier, devraient réfléchir à la manière dont nous pouvons vivre ensemble en société. Il se peut que peu de personnes soient éveillées, mais si elles s’expriment, coopèrent consciemment et font un effort pour éliminer les préjugés et les traitements discriminatoires, elles pourront parvenir à une vie dynamique et à faire valoir leurs droits. C’est mon espoir.
Sr M. Magdalena Sagara
Communauté de Kita Sendai, Japon
(traduit du japonais)
original
日本における外国籍の移住者問題 Sr 相良 なるみ
私は日本女子修道会の「生涯養成」に40年前 参加させてもらい、社会問題に関心が持てるようになり 神奈川県の川崎工場地帯で色々な人々に関われたことが宝となっています。
「川崎工場地帯の環境問題公害病が社会問題となった事は知識として知って居ました。がこの地域に近づいて知り得たことを話します。 この地域に住んでいる人たちは、日本の出稼ぎ労働者、と在日韓国人が目立ちました。 東京周辺の、ビルの建設、道路の拡張で、突貫工事、北朝鮮の南北戦争の影響で始まり、三菱重工を初め、大企業へのアメリカ寄りの軍事産業への協力で経済発展がされていった時代背景がありました。国民には知らされていない戦後処理についても知り、安全保障条約が政治の上で力を付け法律的に改革されていきました。アメリカの戦争に協力する日本となって行く姿があったのです。
ベトナム戦争を始めたアメリカに協力する政府の大企業優遇措置政策に大学生たちは 安全保障を問題にし 激動化していく事件発生が起こりました。逮捕された多くの学生たちはどんなに優秀な大学出も就職は困難で、大企業で雇われません。公務に勤めることは不可能でした。
その中で故郷に帰れない学生たちの多くは川崎で下請け労働者として道路突貫工事、 建設工事に従事し、休日には「石の会」というグループを創りました。 工場地帯から排出される化学工場の煙で、「川崎病」と言われ、社会問題になったのですが、石の会は、自分で治療できるように針灸師の資格を取り、教え、無料針灸を施してお互いに助け合っていました。 又あるグループは、戦後 使い捨てられ残されたオモニ(お母さん)達や、高齢者となって日本語も読めないで日常生活に不便を感じている人たちに「識字教育」の教室を設けて無料でやっていたことも知りました。 移住者オモニ達の2世、3世の子供達には、不良少年、少女たち、学校をさぼり、学業について行けない子供に学習指導 、今で言う「学習塾」を開いていました。もちろん無料でそこで学んだ子供達は立派に生長して行った話も聞きました。 そこは、コリアンへの差別と偏見は無く、困っていればお互い、助け合う精神が生まれていたのです。
私はこうした活動をする「石の会」のメンバーに共感と感動を覚えました。
雇い主は労働者を奴隷の様な扱い方なのでしょう。仕事がうまく出来ない。遅刻すれば減給しても当たり前、失敗すれば首切り、即ち職場を無くすことです。そんな時、どこから集まってくるのか 労働組合の旗を持つ多くの群れや 学生たちが デモを企画しました。日本銅管本社ビルに向かって、長い行列でデモに参加した私は、歩きながら聞いたいろいろな話、自分の置かれている地域では見えない社会の現状を知りました。
憲法では、各人の生きる権利の保障、教育を受ける権利、男女平等の権利など幸せを受ける権利などが保障されています。そのために、国民は国に対して税金を納めます。 外国籍の人も税金は納めています。しかし憲法で示されている保障は日本人に限られている事実を知り、疑問を感じます。
今日、人々特に日本に移住している人たちは、管理体制の下で、雇用者側が都合良く使っている話を聞いて、何をすべきか考えることが必要だと思います。
職場の共同作業では、自由な発想を禁じ、奴隷的な作業でベルトコンベアーに乗せられた一日の仕事を忠実に果たす事が義務であり、自分の生きがいを輝かせること無く、生活に追われている最も弱くされた人々が、気を遣いながら、日本人になろうと努力しています。 彼らは雇い人から、近所の人から注意されないよう頑張っています。
移住者にとって、在留資格を得るためにはお金と労力と精神的負担が重い課題です。保証人を必要とする事もあるし、出入国管理、及び難民認定法案の改定により永住取り消しができるようになり、将来の不安が大きくなったと聞きました。
将来的に不安を抱えながら生きている人に接して、私は「共に生きる」社会を作り上げる努力を、一人一人が置かれた場で見いだしていかなければならないと感じています。 日本の労働力不足が深刻なので、「共に生きる」と宣言しながら、外国人労働者たちの主な仕事は工場の下請け、機材運搬、飲食業務、建設業、繊維工場、電気機材等が多いそうです。 地域により多少の違いはありますが。
農業関係では、生産者の要請で、手間のかかる収穫時期に働き手を頼まれます。
私が2~3年前から関わった仙南ブロック教会(白石(siroisi)
、大河原(ookawara)、角田(kakuta)、亘理(watari))での移住者の話を聞く機会がありました。フィリッピン国籍のアナリンさんは、出勤したその朝に作業配置を命令されたこと。仕事の手順も説明もなく、隣の人のすることを見ながらするしかないと、ある種の諦めを表現しました。 別な青砥(あおと)イーダさんの夫は亡くなり、一人暮らしのお子さんは自立して遠く離れています。彼女は、ビニールハウスのトマト収穫のため、7月の猛暑日に何時間も働いているうちに、体調を悪くしました。早く帰宅して休みたいけど言えないで我慢していたこと。また今までに声を出せないでいた ソニヤさんはメキシコ国籍の特殊在留資格を持つ教授でしたが、正規雇用ではなく給料にも格差があること、健康保険書が保障されてないこと等の話を聴きました。又、林イメルダさんは「お嫁さん」として日本語も話せない時期もあり30年間母国にも帰れないで家事、畑仕事に従事し、数年前に世話した姑を、看取ったこと。忍従した苦労話、今は自分が病に冒され夫の助けで病院に行けるようになったが、自分の身動きの不自由さをたどたどしい日本語で訴えてくれました。
仙台教区の司教座聖堂に日曜日に行くと、ミサに参加する若者の多くはベトナム人です。日本語も挨拶ぐらいしか出来ません。あまり勉強することも無く仕事を求めて、ブローカを通じて日本に来た人が多いです。ベトナムの技能実習生の立場も色々な問題が見えます。
彼ら彼女等は日本に来るため借金をして来ていますから、転職は出来ない、選択する権利もない移動することも出来ない、監視され管理されています。
日曜日と大きな祭日が彼らにとって自由を満喫できる日です。
若い彼らの周りには誘惑はあります。小さい違反もあります。 日本人なら逮捕されない出
来事でも警察に呼び出される事も度々あります。
善き牧舎修道会のシスターマイはベトナム人で、彼らのために相談を受けています。シスターマイには、ネットワークで情報交換が出来るグループが出来ています。日本に移住しているコリアン達も強い絆があり見習うべき事です。
40年前に川崎でわたしが経験した、移住者の困難な問題と関わる日本の人たちの課題は、形は変っても、本質的な人権問題について、政策敵にも差別と偏見が消えていないのだと感じました。しかし理解し合えば「お互い、弱い人間は助け合う」必要性を感じ取れると思います。
日本人は勇気を出して、助け合う姿に変り得る希望をもっています。先ずは挨拶をする、声かけをしていくこと。 特に宗教者、教育関係者が社会にどれだけ「共に生きる」事が出来るか考えて行くべきです。
目覚めている人は一握りかもしれませんが、その人たちが声を上げ意識的に協力し、偏見と差別的扱いを無くす努力をするならば 生き生きとした生活と自由と権利が獲得できるようになるでしょう。私はそのような希望を持っています。