IVème conférence internationale de l’ONU : « Financement pour le développerment »

Publié le : 8 juillet 2025

Séville, 30 juin - 3 juillet 2025

Avec une grosse chaleur, avec beaucoup de détermination et avec le kit nécessaire pour lutter contre la déshydratation, un grand nombre de personnes de tous les pays nous nous sommes rassemblées à Séville pour élever nos voix en faveur d’un financement juste pour un développement équitable.
L´archidiocèse de Séville avec des organisations e institutions telles que la Conférence Épiscopale, Caritas, Justice et Paix, CONFER, Manos Unidas, Fondation Loyola, les ONG des congrégations religieuses...ont promu un Événement Parallèle Officiel au cours des jours précédents. Il a été marqués par des moments de prière, de réflexion et d’action pour exiger, en tant que citoyens du monde et du Royaume de Dieu, le changement d’une économie qui tue et l´annulation de la dette extérieure.

La première rencontre a été une belle veillée de prière dans la cathédrale, présidée par l’archevêque de Séville, pour accueillir la Parole de Dieu, qui nous pousse à un appel permanent à la justice compatissante par la conversion du cœur et la responsabilité sociale. Il dénonçait que la dette ne peut être réduite à une catégorie économique, car elle est un problème moral et spirituel, un problème éthiquement scandaleux lorsque son paiement empêche la satisfaction des besoins humains fondamentaux, bloque l’accès aux services fondamentaux et étouffe les possibilités de développement de générations entières. Les structures économiques qui perpétuent la dette constituent « un véritable péché social » et ne peuvent être justifiées lorsqu’elles détruisent des vies humaines, entravent le développement durable et condamnent des millions de personnes à la misère. Et l’archevêque concluait : « Que la dette ne soit pas une chaîne, mais l’occasion d’inaugurer une nouvelle fraternité entre les peuples, reflet du cœur du Dieu de la miséricorde ».

Au cours des trois jours qui ont suivi, j’ai participé à deux panels. Le premier sur le thème : Quels financements pour quel développement ? et le second : « Ce sont des personnes, pas des chiffres : une économie au service de l’homme et de la planète ». Ils nous ont fourni les informations nécessaires pour analyser et revoir le calendrier du financement économique de l’aide au développement et pour exiger l’annulation de la dette, dix ans après le sommet d’Addis Abeba. Nous avons noté que les questions sur le financement et le développement trouvent une opportunité propice d’être discutées maintenant pour revoir l´Agenda 2030 pour le Développement durable mais que le climat politique mondial dans lequel nous nous trouvons ne pourrait pas être moins favorable : crise aggravée par le COVID, invasion de l’Ukraine, guerres, la profonde crise actuelle du multilatéralisme…

De nombreuses données nous ont fortement interpellés : la dimension scandaleuse de la dette qui touche 3 300 millions de personnes vivent dans les pays qui dépensent plus pour payer les intérêts que pour l’éducation et la santé ; le nombre de pays, qui redonnent plus pour payer la dette qu’ils ne reçoivent, a doublé depuis le dernier Sommet ; la dette s´est accrue et les intérêts son chaque fois plus grandes ; le 45% de l´aide est entre les mains de fonds privés ; il n´y a qu 4 pays, sur l´ensemble de ceux qui se sont engagés a apporter le 0,7% pour le développement, qu´ont tenu leur promesse ; la réduction de l´aide officielle au développement a subi un coup dur par la fermeture de l´Agence des États-Unis pour le développement international… Mais, le plus important est de mettre des visages concrets derrière ces chiffres, des personnes qui ne pourront pas profiter de la vie digne qu’elles méritent.

Une grande marche, au cours de laquelle les organisations catholiques ont rejoint la société civile, parcourut la ville dans une atmosphère de fraternité interculturelle. Avec des banderoles et des symboles (ciseaux, éventails, drapeaux...), nous avons demandé la paix pour le monde et la justice économique et climatique pour tous.

L’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, Mgr Caccia, a déclaré énergiquement lors du panel du Jubilé pour le Bien Commun que "le système financier a échoué parce qu’il creuse les inégalités. Il a affirmé que « la politique financière et économique doit servir les peuples, et non l’inverse » et que « la communauté internationale doit placer la dignité humaine au centre de toute décision. Il a ajouté que les réformes doivent garantir des prêts transparents, participatifs, responsables et durables.

À la fin de ce Sommet de l’ONU, en tant que croyants, nous continuons à prier pour que les paroles prononcées en faveur d’un système économique mondial juste nous poussent tous, gouvernements, entreprises, banques, organisations et individus, à les mettre en pratique. Et continuer à élever nos voix au Sommet de Belém (Brésil) au mois de novembre prochain pour réclamer une justice climatique.

Sr Carmina Pardo
JPIC de la CRSD