“ La vie consacrée en dialogue avec l’IA : Implications spirituelles, éthiques et pastorales ”.

Publié le : 7 mai

Quels sont les enjeux de l’Intelligence Artificielle (IA) pour la vie consacrée ? Comment cette technologie bouscule les structures religieuses tout en offrant des opportunités de mission ?

J’ai participé à un webinaire organisé par l’UISG (union internationale des supérieures générales). Il avait pour thème : “ La vie consacrée en dialogue avec l’IA : Implications spirituelles, éthiques et pastorales ”.

Nous étions environ 520 participantes, de 90 pays. La conférence était donnée par le père Joël Nkongolo, CMF (congrégation des Fils du Cœur Immaculé de Marie).

L’émergence de l’IA dans notre quotidien représente un véritable changement de paradigme. Elle ne doit pas être vue comme un simple outil technique, mais comme un véritable « changement d’époque » qui redéfinit l’identité humaine et la relation à la vérité. Elle crée un nouvel environnement numérique où la frontière entre le réel et le virtuel s’estompe, posant la question de la "présence" dans la vie religieuse.

Le père Joël Nkongolo a retenu trois défis pour la Vie Consacrée.
D’abord, dans la vie communautaire. Il a souligné le risque d’isolement numérique et de fragilisation des relations fraternelles si l’écran remplace le face-à-face.
Ensuite, avec les plus jeunes générations, nous découvrons que le rapport à l’autorité et l’obéissance a changé. En effet, l’accès illimité à l’information via l’IA a modifié le rapport à l’autorité institutionnelle et à la prise de décision communautaire.
Enfin, dans la formation, il semble urgent d’intégrer une "algoréthique" (éthique des algorithmes) pour former les futurs consacrés à un discernement critique face aux algorithmes.

Face à ces défis, apparaissent de nombreuses opportunités pour la Mission, par exemple pour la Nouvelle évangélisation. Prenons conscience que l’IA est un territoire missionnaire ("continent numérique") où l’Église doit être présente pour porter la Parole. En termes d’efficacité pastorale, l’IA peut aussi aider à la gestion des œuvres, à la traduction et à la diffusion rapide des enseignements de l’Église.
Au sujet de l’éthique et du discernement, le père Joël Nkongolo a aussi insisté sur la centralité de l’humain : l’IA doit rester au service de la personne et non l’inverse. Le défi pour nous aujourd’hui est bien de cultiver une "sagesse du cœur" pour ne pas perdre la dimension spirituelle et l’empathie, que les machines ne peuvent pas reproduire.

N’ayons pas peur : la vie consacrée ne doit pas craindre l’IA, mais l’habiter avec discernement. Nous avons été invitées à passer d’une posture de méfiance à une posture d’engagement responsable pour "humaniser" la technologie.

Sr Anne-Claire (France)

Pour découvrir l’UISG : https://www.uisg.org/fr/