« Le Pape François, un homme de parole » par Wim Wenders

Publié le : 4 mars

Sortie en salles / 12 septembre 2018.
Disponible en D.V.D.

Le 13 mars 2013, le Cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, devient le 266ème Souverain Pontife de l’Eglise Catholique. C’est le premier Pape originaire d’Amérique du Sud, le premier jésuite nommé Evêque à Rome, mais avant tout le premier chef de l’Eglise à avoir choisi le prénom de François d’Assise (1181-1226), un des saints catholiques les plus révérés, qui a dédié sa vie à soulager les pauvres et a éprouvé un profond amour pour la nature et toutes les créatures de la Terre qu’il considérait comme « la mère suprême ».

Le film, plus qu’une biographie ou un documentaire, est un voyage initiatique dans l’univers du Pape François qui s’articule autour de ses idées et de son message, afin de présenter son travail, aussi bien que les réformes et les réponses qu’il propose face à des questions aussi universelles que la mort, la justice sociale, l’immigration, l’écologie, l’inégalité des revenus, le matérialisme ou le rôle de la famille.

Une question vertigineuse agite ce documentaire. Comment filmer le représentant de la religion du Livre ? Comment redonner de la valeur à la « parole humiliée » dans le monde du bavardage et du soupçon généralisé ? Et comment, en tant que cinéaste chrétien, faire triompher le Verbe sur l’image falsifiable et proliférante ? Wim Wenders a choisi de cadrer le Pape frontalement, seul, en plan serré, « emprisonnant » le spectateur dans son regard fascinant (ironique, désarmant, en colère ou bienveillant) et diffusant sa parole à travers des interviews.
Pas de contradictions, pas de questions. Juste les phrases, les mots, le visage et le sourire du « Pape François, un homme de parole ». On frôle le « prêche », mais l’exercice impressionne par la puissance du dispositif qui prétend réconcilier la force d’un credo (inattaquable) à la réalité d’une vie et d’une pratique (qui se voudrait) en rupture avec des siècles d’incurie ecclésiale.

Difficile de ne pas être, comme l’a été le cinéaste lui-même, sous le charme d’un Pape drôle, ouvert et chaleureux au contact des réfugiés, des détenus ou des pauvres. Un film simple, mais lumineux.

A voir ou à revoir en D.V.D. !

Sr Hélène Feisthammel