Marcher sur l’eau de Aïssa Maïga (novembre 2021)

Publié le : 25 novembre

Chronique cinéma de soeur Hélène Feisthammel

Paradoxe : installé sur un lac souterrain, le village de Tatiste, au Niger, se bat chaque jour – travail de titan, souvent dévolu aux femmes et aux enfants – pour tirer l’eau de puits asséchés par le réchauffement climatique accéléré par les pays riches. Sur un an, Aïssa Maïga suit sa lutte afin d’obtenir des autorités un forage, mais aussi le destin d’Houlaye, princesse de 14 ans, qui voit ses parents partir au loin pour aller faire pâturer leur troupeau ou gagner de quoi survivre au péril de leur vie. Pas de commentaire surplombant, juste la réalité (éducation, féminisme) filmée avec sensibilité, sous influence Depardon, dans des cadres splendides. Tatiste marche sur l’eau, et le monde, sur la tête.