’Pèlerins d’espérance africains au service de la Vérité et de la Miséricorde"

Publié le : 25 juin 2025

Voilà quelques échos du pèlerinage des nos sœurs du Bénin avec le laïcat o.p., les proches, les amis et les collaborateurs.

Ce samedi 24 mai 2025, venus en convoi des quatre coins du Bénin, nous étions environ quatre-vingts personnes réunies tôt le matin au sanctuaire marial d’Allada dans le diocèse de Cotonou pour vivre ensemble le pèlerinage du jubilé de l’espérance. C’était un moment de grâce car, ce jour coïncidait avec la translation de Saint Dominique.

Nous avons commencé la journée par le chemin de croix comme expression de notre marche pèlerine sur le chemin de l’Esperance où volons nous réengager. Le parcours du chemin de croix nous a amenés devant la porte sainte que nous avons passée en procession avant de nous retrouver pour la conférence prévue pour l’occasion.

Le thème retenu pour la circonstance s’intitule : ’’Pèlerins d’espérance africains au service de la vérité et de la miséricorde.’’ Il a été présenté par le frère Jean Michel ONDOUA, maître des novices du couvent des frères dominicains de Cotonou (Bénin). A l’entame, le prédicateur a rendu grâce au Seigneur qui nous a réuni et qui nous invite à nous dépoussiérer de nos habitudes pour rencontrer le Christ et nous réapproprier notre engagement à sa suite.

Dans un premier temps, le prédicateur a expliqué que l’Espérance c’est l’attente patiente qui nous fait posséder l’avenir. La venue du Christ a rendu présent ce qui était attendu. En cela, ’’Jésus est notre espérance’’ ; Il est le modèle parfait de l’espérance et de la miséricorde car Il est la Vérité. Ainsi, lorsque le mensonge s’impose dans notre monde, il nous faut mettre en œuvre la miséricorde qui fait demeurer dans la fidélité grâce à la Compassion. C’est grâce à la miséricorde que l’on peut pardonner l’impardonnable. C’est pour cela que la vérité doit rejoindre la miséricorde.

Dans un second temps, le frère Jean Michel nous a invités à prendre conscience que le comportement qui doit être celui du pèlerin d’espérance africain se résume en une démarche de vérité et de miséricorde. Pour ce faire, il a d’abord expliqué les conditions invalidantes qui font que l’Afrique a du mal à prendre son envol et par conséquent peine à demeurer dans l’espérance. Ainsi, dans son analyse, le prédicateur a montré que l’esclavage et de la colonisation continuent d’avoir des impacts sur le continent. Toutefois, il a essayé de faire comprendre que les malheurs qui minent le continent ne viennent pas que de l’extérieur, aujourd’hui encore, les peuples africains n’arrivent pas à s’unir. Il existe encore le néocolonialisme qui continue de faire son œuvre utilisant les fragilités des africains contre eux-mêmes. En cela, il faudra travailler à bannir la corruption qui gangrène l’Afrique. La crise des cellules familiales et ses corollaires ont rattrapé le contexte africain et il faut y remédier. La crise du système éducatif, la fuite des responsabilités et le désengagement des parents, la faillite du système politique, la faim, les maladies sont autant de maux qui minent l’Afrique et qui plombent son développement et il urge d’y apporter des solutions durables. Et en cela, la responsabilité de tous et toutes se trouve engagée.

Comme solution, le frère Jean-Michel a invité chacun(e) à reconnaître la vérité des faits avec réalisme. Ensuite, il convient de s’asseoir pour dialoguer en instaurant la palabre africaine qui permet de dialoguer et de se dire la vérité et oser ressortir toutes les difficultés en jeu afin de trouver ensemble un terrain d’entente.

En tant que consacrés et particulièrement en tant que dominicain(e)s, nous ne sommes pas épargnés dit-il, car en notre sein se trouve aussi des dissidences qui constituent parfois des contre témoignages qui pourraient ôter à notre prédication toute crédibilité. L’invitation finale a été de nous faciliter la tâche mutuellement en osant un vivre ensemble simple et joyeux qui témoigne de la présence de Dieu au milieu de nous. La prédication a été suivie d’un temps d’adoration et de confession pour nous rendre aptes à accueillir toutes les grâces prévues pour cette circonstance.

La messe, présidée par le frère Jean-Michel ONDOUA o.p. a été l’occasion pour nous inviter à plus d’humilité et de dépouillement de notre ego dans notre relation les un(e)s avec les autres à l’image de saint Dominique qui a souhaité être enterré aux pieds de ses frères afin d’être leur marche pied. Un repas fraternel nous a redonné les forces pour poursuivre les activités de l’après-midi faites de chapelet et des témoignages sur le vécu de la journée.

Sr Florence ROKO, o.p.


Quelques Échos du pèlerinage :

Je suis en action de grâce pour cette journée de ressourcement. J’ai retenu que l’évangélisation peut se faire autrement, en acceptant l’autre tel qu’il est et en approchant les autres d’une manière plus sincère et plus honnête. Le père a été exhaustif dans ses exemples relatifs aux problèmes en Afrique. Nous devons travailler à inverser la tendance actuelle.
Ambroise HOUESSOU Lambert

Merci aux sœurs dominicaines pour nous avoir associés à cette journée. C’est une très belle occasion de ressourcement. Surtout en ce qui concerne les temps de silence qui ont permis d’intérioriser ce qui a été dit au cours de la prédication. Merci au père d’avoir rappelé qu’il faut travailler pour que la paix s’établisse au milieu de nous et dans le monde. Il est urgent de retourner à l’arbre à palabres pour se retrouver et dialoguer, pour se vider de son trop plein afin de repartir à zéro.
Caroline AGOSSINOU

Un grand merci. Un merci au nom de l’amicale. En effet, cette rencontre a édifié les personnes.
Vivre l’Evangile autrement en allant vers les autres c’est du concret. Il vaut mieux cela que de passer son temps à ne faire que des chapelets.
Que le Seigneur nous donne à tous la grâce de l’humilité.
Fofo Emile du Centre Bethesda