Quel sens a le jubilé ? (2/4)

Publié le : 16 février 2025

Le samedi 15 février, les soeurs de la Congrégation se sont retrouvées en visio pour célébrer l’année jubilaire !
Nous étions plus de 160 soeurs d’une dizaine de pays.

Deuxième intervention, de notre soeur Thérèse Marie Boillat de Rome (Italie).

Comment est né le premier Jubilé dans l’Eglise catholique ?

Vous le savez, tous les 25 ans, l’Eglise célèbre un Jubilé. Mais depuis quand ?

Le premier Jubilé a eu lieu en 1300 sous le pape Boniface VIII. Il nous est bien connu grâce à un texte de l’époque, le Livre de l’année centenaire ou du jubilé, écrit par le cardinal Jacopo Stefaneschi. Il nous dit qu’au dernier jour de l’année 1299, une rumeur se répandit parmi les Romains que tous ceux qui visiteraient la Basilique de St-Pierre obtiendraient une indulgence totale pour les péchés commis, et cela en raison de l’année centenaire. Un très grand nombre de personnes ont alors afflué dans la basilique toute la soirée du 31 décembre. Et cela a continué pendant les mois de janvier et février, y compris de nombreux pèlerins venus des pays voisins. Tout cela sous le regard étonné du Pape ! Que faire ?
Le texte dit : « Boniface VIII, ne voulant pas s’opposer à la piété populaire, consulta le collège des cardinaux sur la question de l’année centenaire et, ayant obtenu un avis favorable grâce aux mérites des apôtres, ordonna la préparation d’un texte qui fut publié le 22 février 1300 à Saint-Pierre. »

Cette Bulle papale déclarait une année jubilaire pour le pardon des péchés. Les conditions y étaient énumérées.

Pour recevoir l’indulgence plénière c’est-à-dire la rémission totale de la peine pour les péchés commis, la condition principale était bien sûr d’être vraiment repentis de ses fautes et de s’en être confessé. Il fallait aussi visiter les basiliques des saints apôtres Pierre et Paul pendant 15 jours pour les étrangers et pendant 30 jours pour les Romains.

Voilà le premier Jubilé. Fallait-il attendre 100 ans pour le suivant ? Pas grande chance d’y participer ! Le jubilé suivant a eu lieu déjà en 1350, et à la fin du 15e siècle, il est passé à tous les 25 ans, comme actuellement.

Aujourd’hui, quel est son sens et à quelle démarche nous invite-t-il ?

Nous avons vu que dans le Lévitique, la cinquantième année est une année jubilaire, une année de grâce particulière. Le prophète Isaïe au chapitre 61,2 avait lui aussi annoncé « une année de grâce de la part du Seigneur. »
Jésus reprend cette annonce au début de son ministère à Nazareth comme l’écrit St Luc (4,16-22).

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.” Et Jésus d’ajouter : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

Jésus s’approprie cette prophétie et annonce que c’est maintenant qu’elle s’accomplit. On pourrait dire que Jésus proclame un Jubilé, une libération, un pardon, un renouveau ! Pour moi, c’est cela le sens profond de célébrer un Jubilé. C’est actualiser le Jubilé de Jésus : annoncer la bonne nouvelle aux pauvres que nous sommes, notre libération du mal et du péché, nous redonner la vue sur le sens de la vie, la liberté si nous sommes opprimés par la peur, la tristesse, le découragement ou l’activisme, l’égoïsme, l’ambition.

Le Jubilé, c’est donc avant tout fixer les yeux sur Jésus. C’est une démarche de pardon et de réconciliation, une conversion, pour revenir à la Source divine qui coule en nous. C’est donc une invitation à nous rapprocher de Dieu.

Trois signes peuvent nous aider :
Le pèlerinage à Rome

En particulier, le pèlerinage aux tombes des deux apôtres Pierre et Paul. Le pèlerinage nous rappelle que toute notre existence est un cheminement. C’est une invitation tout d’abord à rentrer en nous-mêmes pour nous connecter à l’essentiel, pour y retrouver “l’être étonnant que je suis” (Ps 138), un enfant de Dieu tendrement aimé ! Mais c’est aussi une invitation à sortir de nous-mêmes, à partir vers l’inconnu. Nous ne sommes pas seuls dans notre quête, nous nous mettons à la suite du Christ dans un geste de dépouillement, de simplicité, d’abandon et nous marchons avec le Christ, en communauté, en Église.

Alors, mettons-nous en marche ! Même si nous n’allons pas à Rome cette année, il y a des églises jubilaires dans nos diocèses.

La porte sainte

L’un des symboles les plus forts du jubilé est l’ouverture des Portes Saintes dans les principales basiliques de Rome. Nous les franchissons dans une démarche de foi et de repentance qui exprime le passage du péché et de la médiocrité à la vie de grâce du Seigneur et à un renouveau de foi et d’amour. C’est une façon de revivre le passage de la Pâque, de renouveler notre baptême en passant par le Christ qui a dit : « Je suis la Porte ».

Alors franchissons nous aussi une “porte”, avec le désir d’entrer un peu plus dans le cœur de Dieu !

L’indulgence

L’indulgence plénière est un don de la grâce divine, un acte totalement gratuit de Dieu qui nous pardonne si nous nous repentons sincèrement.
Pour recevoir cette indulgence, il y a comme 3 “conditions”, des attitudes à vivre en profondeur :

Tout d’abord l’humilité, la contrition personnelle de nos péchés en recevant le sacrement de la confession comme une rencontre avec la Miséricorde de Dieu.

En deuxième lieu, nous entrons en communion avec la communauté de l’Église, en participant à la messe et en recevant le Corps du Christ, en priant aussi aux intentions du Pape et pour l’Église.

Enfin, il nous est demandé de concrétiser notre conversion par des actes de vraie charité, par le souci des autres et des pauvres.

Alors, accueillons avec joie ce don de la Miséricorde et vivons-le dans la reconnaissance et l’Espérance !

sr Thérèse Marie Boillat
Rome, Italie

Document(s)

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 21 mars 2025


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In italiano - it2_sens_jubile_therese_marie.pdf (268.7 kio)

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