Témoignage missionnaire de Luiza Helena, postulante au Brésil

Publicado el : 11 de agosto

“Arrêtez de nous tuer...”
“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigues et opprimés, et moi je vous soulagerai”
(Mat. 11/28)

Depuis le 26 février, jour où le premier cas COVID-19 a été confirmé au Brésil, on se réveille chaque jour dans l´insécurité. Le nombre des morts ne finit pas de grandir. Il dépasse déjà les 70.000 ! Ce nombre nous surprend et nous fait peur. Ce qui, au début, nous paraissait lointain, arrive maintenant à nos côtés.

“FAIRE CONFIANCE” devient le seul choix et l´unique parole pour exprimer les sentiments que chacun porte en soi. On a le coeur serré, quand on voudrait embrasser quelqu’un, sans pouvoir le faire, parce on a bien conscience que, en ce moment, il faut garder les distances : sauver la vie ! Souvent, les mots nous manquent pour encourager ou affirmer que tout va bien, sachant que souvent nos cœurs manquent de cette certitude. Les larmes sont souvent dans nos yeux. Le silence est devenu nécessaire, il s´impose presque. Reste l´indignation ! C´est elle qui nous accompagne toujours dans les manifestations contre ceux qui nous gouvernent et donne peu d´importance aux personnes, surtout à celles qui sont marginalisées dans ce monde capitaliste.

J´AI PEUR ! Comment ne pas avoir peur ! J´ai peur à cause de tous ceux qui continuent à ne pas voir ces vies sont perdues et ces milliers de familles qui aujourd´hui pleurent leurs chers défunts. J´ai peur à cause de toutes ces personnes les plus fragiles qui sont atteintes non seulement par le virus mais aussi par ses conséquences. Le chômage qui était déjà un mal de chaque jour, est devenu maintenant un mal plus grave encore, avec la pandémie. A toutes ces injustices et au chômage, viennent s´ajouter la faim, la dépression et l´augmentation des gens qui vivent à la rue. C´est difficile d´essayer de rester debout dans un monde qui a la tête à l´envers, en bas.

La Pastorale des Gens de la rue, qui en ces temps de pandémie s´est montrée toujours active, a mis en place un nouveau défi, un projet réalisé dans la “Serraria Souza Pinta”. Dans cet endroit, qui fonctionne de dimanche à dimanche avec l´aide de techniciens et de beaucoup de volontaires, les gens qui sont à la rue ont la possibilité de prendre une réfection, d´avoir une aide sociale, rencontrer quelqu’un avec qui parler, quelqu´un pour les écouter. Ils peuvent retrouver là, proches d´eux, des valeurs humaines qui paraissaient disparues de la réalité quotidienne. Quand ils ont perdu leur identité personnelle, ils arrivent à refaire là leurs Documents, trouver des habits et la possibilité d´un bain pour se réchauffer. Ce qui est banal pour beaucoup, devient “DIGNITE” pour les gens de la rue. Chaque jour, plus de 350 personnes, entre enfants, adolescentes, jeunes, adultes et vieux, passent par la Serraria. Ils sortent de là avec le désir de revenir le jour d´après. Je vois sur les visages et par les paroles la reconnaissance de tous ceux qui passent par ce lieu. Tout ici nous pousse à repousser ce qui fait peur. Je ne suis pas d´accord avec l´incurie des pouvoirs publics contre la vie humaine. On cache les souffrances humaines.

“Arrêtez de nous tuer” suppliait un habitant de la rue. En écoutant ce cri, on comprend la souffrance que cet homme veut exprimer, mais on ne voit pas toujours que, nous aussi, nous tuons ces gens toutes les fois que nous passons à côté d´eux, dans cette situation. Nous passons sans les voir ou avec un regard indifférent. Il nous manque la compassion. Nous sommes bons juges, sans pour le moins voir ou juger, nous ne respectons pas leurs choix, quand nos yeux ne voient pas cette souffrance qui s´exprime sur le visage de chacun d´eux.

Avec la “Pastorale des gens de la rue”, nous sortons aussi chaque samedi matin pour servir pain et toddy. En distribuant le café, nous arrivons à avoir un meilleur contact avec beaucoup d´entre eux. Augmente aussi en nous le sentiment d’insatisfaction quand on voit leurs lèvres séchées et leurs pieds blessés, blessures qui montrent combien est dure la condition de vie de ceux qui vivent dans la rue. Il y a toujours en nous ce désir de faire mieux. Mais nous respectons leur choix et nous les accueillons tels qu´ils sont.

C´est très intéressant de vivre cette expérience avec toutes les autres personnes qui viennent nous rejoindre et donner un peu de temps à leur prochain. Que Dieu bénisse cette situation à laquelle nous faisons face, dans la Foi.

Je vous souhaite à tous beaucoup de Paix, Amour et confiance du fond du coeur. Ensemble, faisons face à cette pandémie.

Je vous embrasse

Luiz Helena

Témoignage en portugais en document joint

Document(s)

carta_luiza_-_parem_de_nos_matar_corrigido.pdf (457.2 KB)

 11 de agosto de 2020