Tout s’est bien passé : François Ozon

Publié le : 1er octobre

Chronique cinéma de Sr Hélène Feisthammel.

A 85 ans, le père d’Emmanuèle (André Dussollier) est hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme curieux de tout, aimant passionnément la vie, demande à sa fille (Sophie Marceau) de l’aider à mourir.

Tout s’est bien passé : François Ozon s’engage sur le suicide médicalement assisté

Pour sa quatrième fois en compétition officielle, François Ozon choisit d’aborder le sujet polémique du suicide médicalement assisté, interdit en France et puni pénalement pour ceux qui souhaitent aider leur proche à partir. L’engagement du cinéaste dans l’actualité n’est pas une première. On se souvient de Grâce à Dieu, sur la pédophilie dans l’église catholique, intervenu en 2018 en plein procès de Bernard Preynat. Tout s’est bien passé est quant à lui l’adaptation du roman autobiographique éponyme d’Emmanuelle Bernheim qui a aidé son propre père à partir.

François Ozon a toujours aimé travailler avec les plus grandes actrices du cinéma français, leur donnant des rôles d’exception. La liste est longue entre Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier. Avec Tout s’est bien passé, le cinéaste collabore enfin avec Sophie Marceau, une actrice qu’il convoitait depuis longtemps. Le film marque d’ailleurs le grand retour de la comédienne dans un rôle de premier plan. Même si la prestation de cette dernière est d’une belle intensité, c’est bien l’interprétation d’André Dussollier qui va déboussoler dès les premières minutes du film lorsqu’on le découvre dans son lit d’hôpital après un accident cérébral. L’acteur, transformé physiquement à l’aide de prothèses qui lui figent le visage, livre une prestation fascinante murant son personnage à l’élocution compliquée dans une détresse physique insupportable, tout en faisant rejaillir à certains moments des traits d’humour caustiques.

Sortie en salles septembre 2021.