commentaires des lectures bibliques du Vendredi 11 octobre 2024
Lectures :
Gal 3,7-14
Ps 110,1-2.3-4.5-6
Lc 11,15-26
Le juste vivra par la foi
Les premières années de l’Église sont des temps d’approfondissement de la vérité de l’Évangile, de purification des aspects qui s’écartent de son esprit. L’un d’entre eux concerne l’exigence de se conformer à la loi juive comme condition pour être sauvé, question soulevée par le courant judaïsant au sein du christianisme naissant. La manière dont Paul abordera ce thème sera fondamentale pour ouvrir les horizons de l’Église à une expérience plus fidèle de la centralité du message chrétien : c’est la foi dans le Christ qui sauve et non la loi.
Si les Juifs défendent la nécessité d’être fils d’Abraham pour être sauvé, Paul nous présente Abraham comme le témoin de la foi, qui a reçu la promesse d’être père de toutes les nations et nous ouvre ainsi à l’universalisme de la foi qui, en Jésus Christ, est offerte à tous, juifs et non juifs.
Plus encore, le salut est venu jusqu’à nous par le Christ. C’est Lui, qui par le don de sa vie, par sa mort et sa résurrection, nous a ouvert le chemin de la Vie, du Salut. Le tout, gratuitement !
Mais comme il nous coûte d’accepter cette dynamique de la gratuité, et combien vivons-nous une suite de Jésus et une spiritualité qui glisse sur la pente des « mérites », de la tentative de « mesurer », de « conquérir » l’Amour, quand il s’agit précisément du contraire. Nous avons été sauvés par pure grâce !
Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est le signe que le Règne de Dieu est venu jusqu’à vous.
Dans l’évangile d’aujourd’hui Jésus engage un long débat avec ceux qui veulent l’accuser et qui sont incapables de voir en son action bienveillante et libératrice envers les personnes, l’action même de Dieu.
Mais si quelque chose nous parle de la présence de Dieu, c’est précisément de découvrir autour de nous et en nous-même des signes de transformation, de croissance, qui n’ont pu être possibles que par la force de sa Présence. Tout ce qui est bon dans notre vie, vient toujours de Lui ; c’est une Grâce, un don que nous accueillons.
Comment je me situe devant les signes de libération qui se passent en moi et autour de moi ? Suis-je capable de les reconnaître et d’en rendre grâce ou bien est-ce que je me ferme à eux ? Puis-je les accueillir comme un don de Dieu ?
Mais en même temps, nous sommes conscients et Jésus nous fait prendre en compte la présence du mal dans notre vie ; et ce mal se manifeste dans la division qu’il provoque là où il agit. Une division qui nous fait vivre en rupture avec nous-même, avec les autres, avec la création et avec Dieu. Une division qui, peu à peu, mine et détruit notre vie. C’est ce même mal qui nous empêche de voir avec lucidité, qui brouille notre vision et nous fait voir les choses, les personnes, la réalité du point de vue du pouvoir, de la suspicion, de la méfiance, de la sensation de menace, de la peur, attitudes si répandues dans notre société actuelle qui nous conduit à « diaboliser », comme le font les détracteurs de Jésus, tout ce qui sort de nos lois, manières de penser et de voir la vie.
C’est pourquoi le Seigneur nous dit avec force « Celui qui n’est pas avec moi, est contre moi ; et celui qui ne rassemble pas disperse ». Car il y a des chemins incompatibles : ou bien nous nous laissons tromper par la séduction de la tentation de vouloir « être comme des dieux » qui nous éloigne de notre être véritable ou bien nous sommes disposés à vivre dans une dynamique d’ouverture à la Grâce de Dieu, à son amour infini et nous nous laissons transformer par Lui pour pouvoir parcourir le chemin libérateur qui conduit à la Réconciliation, à la Paix et à la Vie.
Sr María Ferrández Palencia