Commentaire des lectures bibliques du 1er octobre 2018

Publié le : 29 septembre

Lectures :
• Jb 1,6-22
• Ps 16, 1.2-3.6-7
• Lc 9,46-50

• Lundi de la 26ème semaine du temps ordinaire

1- « Le Seigneur me l’a donné, le Seigneur me l’a repris, que le nom du Seigneur soit béni. »
Pendant quelques jours nous allons entrer en contact avec quelques textes du livre de Job. Œuvre d’un génie littéraire, qui campe avec une force er une passion inusitées la grande question que représente pour l’être humain l’existence du mal. Il introduit en même temps une critique et jusqu’à une rébellion contre la doctrine de la « rétribution » qui prévaut en Israël.
Sans possibilité d’entrer dans les causes, nous dirons que le peuple d’Israël considérait que la personne juste, honorée, droite… était bénie de Dieu par beaucoup de biens matériels, des enfants et une longue vie. Le contraire arrivait au méchant… Mais la réalité, les faits, l’évidence mettaient en question, encore et encore, cette théorie : des justes pauvres et maltraités, des méchants riches et apparemment heureux…
Et si l’évolution de l’être humain et de l’histoire nous a permis de voir les choses dans des perspectives plus amples, nous pouvons dire aussi qu’il reste en nous quelque chose de cette conviction ancestrale. De manière très claire quand nous nous adressons à Dieu pour lui demander, parfois avec colère, ce que nous avons fait pour être atteints d’un mal ou d’une souffrance. De manière implicite quand nous ne reconnaissons la bénédiction de Dieu dans notre vie que si les choses vont très bien pour nous.
Aujourd’hui, nous écoutons dans la liturgie une partie du prologue de l’œuvre. Récit de fiction, dans lequel Dieu « parle » avec l’un de ses anges (Satan, que nous ne devons pas confondre avec l’image ou la conception que nous avons du démon) de la satisfaction que lui donne son serviteur Job. Satan introduit le doute. Il est très facile d’être juste quand dans ta vie tout va sur des roulettes, mais surtout c’est irréel. Parce que la vie humaine, quels que soient nos efforts, ne peut pas passer au large de l’épreuve, de la souffrance, des problèmes, du drame… Voyons voir si Job sera aussi juste quand il aura une vie comme celle de tout mortel…
Dieu garde confiance en Job, Satan est convaincu que Job va faillir. L’accumulation de malheurs- en un jour - que le texte relate serait venu presque à bout de quiconque. Job reste fidèle. Il semble que Dieu avait raison.
Nous sommes seulement devant le début du grand drame. Une belle réponse à la Parole pourrait être l’engagement d’aller lire la totalité du livre de Job, en nous laissant prendre par sa question pressante, dans laquelle se joue l’avenir de notre relation avec Dieu.

2- Le plus petit est le plus important

Les disciples qui n’apprennent pas, continuent dans leur petit monde d’intérêts personnels, dans lequel, en outre, les personnes qui n’appartiennent pas à leur groupe peuvent être laissées de côté.
Ils vivent avec Jésus, mais leurs conceptions (ne sont-elles pas souvent aussi les nôtres ?) sont tellement enracinées qu’elles ne se laissent pas « contagier » même par un contact en direct. Et Jésus vient, encore et encore, corriger leur manière de se situer :
-  Dans le Règne de Dieu il n’y a pas de sens à perdre du temps en discussions sur celui qui est le plus important. Les questions de la supériorité sur les autres, du pouvoir… appartiennent à des conceptions de la vie qui n’ont pas de place dans la proposition de Jésus.
Les importants sont toujours les plus petits, ceux qui ne comptent pas, ceux qui n’ont pas voix au chapitre (ici, les enfants dans le contexte de Jésus, dont la situation n’avait rien à voir avec le lieu éminent et la surprotection qu’ils reçoivent dans nombre de nos cultures actuelles).
-  Pour Jésus, faire le bien est le critère qui permet de décider qui est de son côté à Lui. Les disciples se croient autorisés à empêcher les autres de faire le bien « parce qu’ils ne sont pas des nôtres » …
-  Le positionnement de Jésus est suffisant pour que nous nous regardions nous-mêmes, nos communautés, paroisses, diocèses… Avons-nous quelque chose à changer ? Que le Seigneur nous accorde l’ouverture de cœur et la disponibilité pour diriger nos pas vers l’horizon qu’il nous propose.

Sr Gotzone Mezo