Commentaire des textes du jour : 4ème semaine du temps ordinaire, jeudi 6 février

Lectures
He 12,18-19.21-24
Ps 47
Mc 6,7-13

Vous vous êtes approchés… de Jésus, médiateur de la Nouvelle Alliance.
L’auteur de la lettre aux Hébreux, arrivant à la fin de son écrit, termine par une réflexion remplie d’exhortations et de conseils se référant à la manière dont les croyants, nous devons affronter la vie, à partir de la foi en Jésus.

Et dans le petit texte que nous entendons aujourd’hui il ne fait rien d’autre qu’une comparaison par contraste entre l’expérience du Peuple dans l’Alliance du Sinaï et l’expérience chrétienne de la Nouvelle Alliance inaugurée par Jésus.

Sur le mont Sinaï, un spectacle terrifiant, insupportable. Moïse tremblait de peur.

Sur le mont Sion, cité du Dieu vivant, Jérusalem céleste, nous nous approchons (cela ne nous est pas imposé) de l’expérience de la fête définitive du Royaume, de Jésus qui inaugure la Nouvelle Alliance, dans laquelle la terreur cède la place à la contemplation d’un amour total et définitif qui se livre jusqu’à la mort.

« Ils sortirent pour aller prêcher… »

Ce petit récit de l’évangile de Marc contient un message de grande importance pour les croyants en Jésus de Nazareth. Il nous parle de quelque chose de fondamental pour notre vie : notre responsabilité dans l’annonce de la Bonne Nouvelle.

De fait, à ce moment-là, Jésus ne disposait pas de nombreux « effectifs » disponibles à envoyer. En réponse à son appel, un petit groupe de personnes le suivait, écoutant sa parole, contemplant ses gestes, partageant sa vie. Le contraste avec l’actualité est gigantesque ; aujourd’hui nous sommes des millions de personnes dans le monde à confesser la foi en Jésus de Nazareth.

Et la différence est stupéfiante entre cette poignée de personnes qui suivaient Jésus et ont porté partout la nouvelle le concernant, jusqu’à livrer leur propre vie et cette dynamique dans laquelle il semblerait que la majorité d’entre nous, les croyants, évoluons, et dans laquelle on dirait que nous ne savons pas qu’il est de notre responsabilité d’annoncer Jésus et sa Bonne Nouvelle.

Quoi qu’il en soit, Jésus nous donne à tous, les critères indispensables qui doivent accompagner cette annonce : Il les envoie deux par deux. Les disciples « sortent » à la rencontre, ils n’attendent pas que les gens s’approchent d’eux ou du temple de pierres. Ils vont deux par deux. L’évangélisation n’est pas une tâche à vivre de manière individualiste, mais accompagnée. C’est la communauté qui est appelée à annoncer. C’est en elle que se pensent, se discernent, se décident le quoi et les comment adéquats au moment présent et à la situation. Les tâches se diversifient à partir de cette recherche commune.

Pauvreté des personnes, pauvreté des moyens

Les manifestations religieuses de masses, spectaculaires, qui, souvent nous plaisent tant, n’ont pas vraiment les caractéristiques de l’annonce à laquelle Jésus nous invite. Encore moins si elles supposent l’utilisation de grands moyens et font montre de richesse.

Il nous prépare à l’échec.

Certes il y a des annonces qui ont peu à voir avec la proposition de Jésus et qui ne méritent pas d’être admises… Mais l’annonce la plus authentique de Jésus n’a pas la garantie d’être acceptée, comme lui-même ne fut pas accepté par la majorité des contemporains qui l’ont connu et ont reçu des nouvelles à son propos. Et cet échec ne doit pas nous conduire à la déception ni à l’abandon. En respectant la liberté des destinataires, continuons cette annonce en d’autres lieux.

L’annonce porte en elle bien plus que la prédication, bien qu’en harmonie avec elle. Il y a surtout les œuvres. Des œuvres qui impliquent la guérison, le salut, la joie, la vie… sans ignorer les difficultés de l’existence humaine.

Sr Gotzone Mezo