Le Jubilé dans l’Ancien Testament (1/4)
Le samedi 15 février, les soeurs de la Congrégation se sont retrouvées en visio pour célébrer l’année jubilaire !
Nous étions plus de 160 sœurs d’une dizaine de pays.
Première intervention, de notre sœur Anne Bente de la communauté d’Oslo (Norvège).
Nous lisons dans la Bible que Dieu a créé un monde de paix et d’harmonie. Le point culminant de la création est le sabbat, une expérience de repos et de communion avec Dieu.
Mais la Bible nous apprend également que cette harmonie et cette paix n’ont pas duré. Les êtres humains ont tout gâché.
Quelques pages plus loin dans le livre de la Genèse, nous lisons la Chute et l’expulsion du Paradis ; Caïn qui tue son frère Abel et, ainsi de suite, à tel point que Dieu lui-même regrette d’avoir créé l’homme. Il envoie le déluge qui mettra fin à tout. Sauf pour Noé : l’histoire continue, donc, avec Babel, l’Égypte…
Après Babel, Dieu promet de travailler avec Abraham et sa descendance pour montrer sa bénédiction sur toute l’humanité. Mais quelques siècles plus tard seulement, les descendants d’Abraham souffrent en Égypte.
Et lorsque Moïse est choisi par Dieu pour les faire sortir d’Égypte et restaurer les privilèges d’Israël, ils se tournent vers l’idolâtrie.
Ainsi, l’histoire biblique et l’histoire de toute l’humanité peuvent être vues à la lumière de cette tragédie humaine : d’une part nous rejetons Dieu et son plan pour la création, et d’autre part Dieu utilise toute l’histoire biblique, ainsi que nos histoires personnelles, pour rétablir l’ordre des choses tel qu’Il l’a voulu, à partir du désordre que nous en avons fait.
C’est pourquoi nous célébrons une année jubilaire.
Parce que l’un des remèdes apportés par Dieu le Père pour restaurer les choses n’est pas seulement le sabbat, le septième jour : chaque septième année est aussi déclarée année sabbatique, et après sept fois sept ans, c’est-à-dire après 49 ans, la 50ème année est célébrée comme une année jubilaire, où tout doit être restauré selon le plan originel, c’est-à-dire selon le propre plan de Dieu pour la création. Les péchés d’Israël sont expiés et pardonnés, la famille est entièrement restaurée, les dettes sont effacées, les esclaves sont libérés et les terres ancestrales rendues à leurs propriétaires légitimes.
Chaque année jubilaire est un nouveau départ destiné à ramener les enfants de Dieu dans le droit fil de son dessein originel. Tout doit être restauré sur les bases mêmes de Dieu.
Le Lévitique nous donne les détails dans le chapitre 25.
Lévitique 25,11 donne des instructions précises : « La cinquantième année sera pour vous une année jubilaire ; vous ne sèmerez pas, vous ne moissonnerez pas les épis qui n’aurons pas été mis en gerbe, vous ne vendangerez pas les ceps qui auront poussé librement ».
Il s’agissait de permettre à la terre et à ses habitants de se reposer et de se remettre de l’exploitation agricole continue. L’Année Jubilaire stipulait que la terre ne devait pas être labourée et que ce qui poussait tout seul devait être partagé entre tous. Cette disposition souligne un élément fondamental du Jubilé : faire confiance à la Providence divine et cesser d’accumuler des richesses personnelles au détriment du bien-être de la communauté.
Un autre aspect important est la restitution de toutes les terres héréditaires à leurs propriétaires familiaux d’origine. Cette loi empêchait que l’on perde définitivement une propriété en raison de l’endettement ou de la pauvreté. Elle exprimait que Dieu est le vrai propriétaire de la terre et que les Israélites en sont les intendants, non les possesseurs absolus.
Le Jubilé impliquait également la libération de tous les esclaves. Les personnes qui s’étaient vendues en raison de difficultés économiques étaient libérées, ce qui leur permettaient de retourner dans leurs familles et dans leurs propriétés ancestrales. Cela permettait d’éviter l’émergence d’une sous-classe permanente tout en soulignant la valeur de la dignité humaine et de la liberté.
Mais l’année a aussi une profonde signification spirituelle. Le début de cette année sacrée était marqué par le son de la corne de bélier, ou shofar, qui convoquait le peuple à un temps d’examen de conscience et de renouveau.
À l’époque biblique, le jubilé était une période de grande joie. Le jubilé était célébré par le peuple d’Israël qui se réjouissait de la généreuse miséricorde de Dieu. Et c’est encore le cas lorsque l’Église annonce un jubilé. Car, comme l’a souligné le pape François dans sa première audience jubilaire, c’est « la possibilité pour chacun de repartir de Dieu ».
Sr Anne Bente
Sta. Katarinahjemmet
Oslo, Norvège
日本語で - jp1_jubile_ancien_testament_anne_bente_.pdf (265.8 kio)
17 février 2025
Em português - port1_jubileu__antigo_testamento_anne-bente.pdf (525.5 kio)
17 février 2025
