Semaine des Cendres - Dimanche 9 mars

Méditation de Soeur Marie Théo avec www.caremedanslaville.org

Le carême comme un marathon

40 jours de carême comme les 42,195 km d’un marathon ? Mon premier marathon a été l’objet d’un sérieux entraînement. Le jour J, il ne faut ni s’alourdir de provisions inutiles ni partir les poches vides au risque d’être contraint à l’arrêt faute de carburant. Le Pain de la Parole, ce concentré de vie, scande notre temps et nous offre la pause énergétique sur notre chemin. Dans cette fréquentation, notre cœur se renforce et tout notre être s’en trouve vivifié.

À l’autre bout, une fois la ligne d’arrivée franchie, une médaille m’est passée autour du cou, celle offerte à ceux qui sont allés jusqu’au bout : joie intense ! Ce n’est pas l’exaltation de ma propre gloire ; c’est la reconnaissance d’une route accomplie dans la confiance. Le souffle, le mouvement, la force me sont offerts comme un don sans prix, par le Dieu de toute Vie. Cette traversée du désert n’est possible que si je tourne mon regard vers celui qui m’invite et m’accompagne, qui m’envoie et m’attend. Oui, il est là mon Dieu pour me passer au cou la médaille et m’inviter à poursuivre la Vie !

Pour courir le marathon ou vivre le carême, il ne s’agit pas de jouer les héros et de se croire invincible. Je ne peux me lancer dans cette course sans l’humilité et l’ascèse d’un entraînement régulier. La préparation est un tissage entre la confiance en celui qui me guide et la confiance en moi-même. Elle s’appuie tout autant sur mes capacités reçues comme un don que sur le regard de confiance et d’assurance que pose sur moi l’entraîneur.

Franchir la ligne de départ, entrer en carême, c’est avoir déjà le regard fixé sur la ligne d’arrivée, la victoire pascale. Mon carême aura alors le goût de cette aventure épuisante et stimulante, faite de sueur et de larmes, qui se dilate dans une joie immense et indicible, la vie plus forte que tout obstacle, la participation à la victoire du Christ !

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