Session de juniorat sur la mystique rhénane

Publié le : 8 janvier

En cette fin d’année, comme nous l’avions fait en 2019, nous avons organisé une session de juniorat pour les junioristes en Europe, du 28 au 31 décembre 2020.

Dans le projet initial, cela aurait dû avoir lieu ici à Poitiers, et nous l’avons espéré longtemps, mais la situation sanitaire n’a pas permis de se retrouver en présentiel.
Encore une fois nous avons eu recours à Zoom pour ne pas perdre une belle occasion de nous rencontrer et de nous former ensemble. Cela a permis aussi d’élargir la participation au-delà de l’Europe. Certaines junioristes béninoises nous ont rejoints pendant quelques rencontres, et cela fut une joie.

Le sujet de notre session était La mystique rhénane comme chemin vers Dieu. Nous avons eu la chance de nous laisser conduire pendant 4 jours par Silvia Bara, qui est spécialiste de ce sujet et qui nous a introduit dans cette première approche d’une façon très claire et profonde.
Après une présentation du contexte du XIII° et XIV° siècle, et du climat spirituel, avec l’apparition d’une sensibilité religieuse de plus en plus personnelle et de nouvelles formes de vie religieuse, Silvia nous a expliqué que l’on pourrait parler d’une « mystique dominicaine ». Elle est née de la rencontre entre les frères dominicains, les sœurs dominicaines, les béguines et les laïcs, hommes et femmes, qui leur étaient proches.

Nous avons pu voir beaucoup de photos des lieux, prises par Silvia pendant ses visites pour ses études, et aussi beaucoup de représentations de l’époque, qui nous ont aidées à mieux nous plonger dans une première connaissance de ce vaste sujet.
Pour Maitre Eckhart, nous avons lu ensemble, avec une introduction de Silvia et des partages entre nous, trois textes : le sermon 68 Sachez que le Royaume de Dieu est près de nous, le sermon 101 sur le thème de la naissance éternelle du Verbe dans l’âme et un poème intitulé le grain de sénevé.

A travers ces lectures nous avons rencontrés plusieurs idées fondamentales, comme celle du fond de l’âme, le lieu où Dieu seul pénètre, au-delà de toutes nos facultés et de toute image. A travers le détachement, il nous faut sortir de toutes les attaches pour arriver à une grande liberté intérieure, et devenir réceptives à Dieu et à sa naissance en nous.

La mystique d’Henri Suso est affective, elle est centrée sur l’humanité du Christ et un rapport amoureux avec la Sagesse comme voies pour rencontrer Dieu. Suso nous invite, dans son Livre de la Sagesse éternelle, à découvrir l’image de Dieu en nous : « Tu es selon ton essence naturelle un miroir de la Déité ; tu es une image de la Trinité ; tu es un exemplaire de l’éternité… tu es infinie par ton désir ».
La journée de notre session consacrée aux femmes et surtout la question des béguines – leur origine, leur style de vie, leur histoire et leur déclin - a suscité un grand intérêt et des questions. Nous avons fait la connaissance d’une entre elles, Mechthilde de Magdebourg, à travers un extrait de son ouvrage La lumière ruisselante de la Divinité, caractérisé par un dialogue amoureux entre Dieu et l’âme.
Ces mystiques peuvent donner à chacune, d’une façon très différente, selon notre tempérament et aussi selon les différentes étapes de notre vie, des lumières pour le chemin vers Dieu.

Nous essayerons de faire un trésor de tout ce que Silvia nous a donné en ces jours, et nous la remercions pour sa grande disponibilité, la passion avec laquelle elle nous a transmis le fruit de ses études, et aussi pour la simplicité et la fraternité qui ont rendu ses jours de session encore plus paisibles.

Sœur Enrica