Cinéma : « My Beautiful Boy » de Félix van Groeningen

Publié le : 24 avril

Sortie en salles / 6 février 2019.

« My Beautiful Boy » raconte l’histoire de David Sheff, journaliste américain qui tente de com-prendre ce que traverse son fils, devenu addict à la méthamphétamine, et de trouver les clés pour l’aider à s’en sortir. Le film présente de nombreux flash-back sur la relation père-fils où l’on découvre un père compréhensif et aimant. Ils semblent avoir une relation de confiance et de complicité, pourtant le père ne s’explique pas comment et à quel moment il a perdu son « beau garçon ».

Le film montre sans voile et sans fard la réalité d’une spirale infernale qui entraîne et tue cha-que année des centaines de milliers de personnes dans le monde. « My Beautiful Boy » est l’adaptation de deux romans conjugués en un seul long métrage. D’un côté, celui de David Sheff, le père en question ici, interprété par Steve Carrell, qui avait raconté ce combat difficile dans un livre de mémoires particulièrement bouleversant. De l’autre côté, celui de Nic Sheff, son fils incarné par Timothée Chalamet, qui avait également publié un livre où il racontait la tragédie de son addiction.

Dans un style très différent, « My Beautiful Boy » pourrait bien venir se ranger aux côtés des plus grands films témoignant du fléau de la drogue, sur l’étagère où reposent les « Panique à Niddle Park », « Trainspotting » et autre « Requiem for a Dream ». L’apport du film de Felix van Groeningen au genre, en plus de « tordre le cou » à l’idée reçue selon laquelle la drogue est souvent associée à la précarité et aux bas-fonds de grandes villes, est d’apporter un nouvel éclairage sur ce « mal » en explorant non pas le combat d’un jeune homme ou sa tentative de reconstruction après des années de déchéance (ce qui a été fait à maintes reprises), mais d’observer conjointement l’addiction, les tentatives pour s’en sortir, l’espoir et les rechutes, le tout à travers le prisme d’une famille ébranlée par cet engrenage infernal.

Plus qu’un pamphlet contre la drogue, « My Beautiful Boy » tente de devenir une histoire d’amour filial, une histoire de résilience et de fatalisme, mais aussi une histoire questionnant les rapports parents-enfants et l’éducation via le portrait de ce père impliqué en plein désarroi qui s’interroge sur les liens forts et complices créés avec son fils et qui semblent se retourner contre lui aujourd’hui.

Incarnée par deux immenses comédiens qui offrent des interprétations viscérales et dévastatrices de conviction, l’histoire de « My Beautiful Boy » est une déflagration émotionnelle dont la dureté est à chercher dans le réalisme qu’entretient le réalisateur pour traiter son sujet. Un film magnifique et essentiel pour comprendre l’addiction à la drogue. Le septième art a de multiples visées. Il permet aux spectateurs de s’évader, de rêver, de s’émouvoir, mais aussi de réfléchir. Dans la liste des films à voir en 2019, « My Beautiful Boy », qui sort le 6 février, tient une place de choix. A ne pas manquer.