Confinement : Peur ou confiance ?

Publié le : 6 mai

Partage de Sr Victorine SEKE (Bénin)

« Notre vie oscille entre deux émotions : peur et confiance ». Ma réflexion prend sa source dans cette affirmation de Philippe Jammet. Depuis la survenue brutale de la Convid-19, nos habitudes se trouvent bouleversées et perturbées. Ce changement rapide n’est pas sans conséquences sur nos manières de vivre en général et sur vie psychique en particulier. Les mesures de riposte, entre autres, et surtout le confinement génèrent des émotions telles que le stress, la peur, l’angoisse et la déprime. Cependant, face à ces émotions qui affectent notre mental, la confiance nous aide à affronter la situation et à nous y adapter. Le psychiatre Jean Victor Blanc rappelle à cet effet qu’il est normal de ressentir des émotions comme la tristesse, l’angoisse ou le désespoir devant de telles situations. Toutefois, il ne convient pas de s’arrêter au simple ressentir.
Pour ma part, je fais un travail d’adaptation à la situation nouvelle qui s’est imposée à nous : arrêt de mes cours et de mes activités hors de la communauté. J’ai fait essentiellement recours aux sciences humaines dont la psychologie et à la spiritualité : l’approfondissement de ma vie de foi. Je pourrais dire à l’instar de Jean Monbourquette : « de la psychologie à la spiritualité » Nous savons que l’épanouissement spirituel exige une bonne santé psychologique. Ainsi, dans les sciences humaines, j’ai puisé des ressources nécessaires comme les exercices de connaissance de soi, les tests de personnalité et la gestion des émotions pour sauvegarder ma santé mentale. Dans la spiritualité, j’ai fait recours aux vertus théologales (foi, charité, espérance), à la lecture spirituelle, à la méditation et à la prière pour demeurer dans la présence du Seigneur et découvrir sa présence à ma vie.
Par ailleurs, entre ces deux grands moments, se trouvent de petits instants de loisir et de détente personnelle. Il s’agit de l’apprentissage de l’Espagnol par « Duolingo », la marche contemplative communautairement appelé « Bain de l’air ». Je souligne que tout ce travail personnel est soutenu par la vie communautaire.

Sr Victorine SEKE