Fahim de Pierre-François Martin-Laval (2019)

Publié le : 1er mai

Par Sr Hélène Feisthammel

Forcé de fuir son Bangladesh natal, le jeune Fahim et son père quittent le reste de la famille pour Paris. Dès leur arrivée, ils entament un véritable parcours du combattant pour obtenir l’asile politique, avec la menace d’être expulsés à tout moment. Grâce à son don pour les échecs, Fahim rencontre Sylvain, l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France. Entre méfiance et attirance, ils vont apprendre à se connaître et se lier d’amitié. Alors que le Championnat de France commence, la menace d’expulsion se fait pressante et Fahim n’a plus qu’une seule chance pour s’en sortir : être champion de France d’échecs.

Le dernier film de Pierre-François Martin-Laval risque de poser un problème à ceux qui ont la critique facile. En effet, si ses précédentes réalisations peuvent aisément être descendues en flèche, il n’en sera pas de même pour Fahim. Car si ce biopic est traité assez légèrement, en mode feel good movie, le scénario offre bien des surprises et fini par faire mouche.

Adapté du récit autobiographique Un Roi clandestin, nous découvrons l’incroyable histoire de Fahim Mohammad, forcé de fuir le Bangladesh avec son père. Si la partie d’échecs est un peu longue à se mettre en place, les protagonistes font rapidement des étincelles comme le duo Depardieu/Ahmed. Il est rare de voir une telle connivence entre un acteur chevronné et un débutant qui n’avait non seulement jamais joué auparavant et qui, en prime, a appris le français durant le tournage.

Entre dureté du professeur d’échecs et rires tendres, Gérard Depardieu n’avait pas été aussi bien dirigé depuis longtemps, il est touchant de justesse. Avec humour et tendresse, le film progresse sans failles. Il reste à espérer que nous ne verrons plus les immigrés du Bangladesh, qui vendent des fleurs ou des Tours Eiffel, de la même façon. A voir.