Humaniser le Carême

Publié le : 24 mars

Nous avançons sur le chemin vers Pâques qu’est le Carême. C’est pourquoi, le samedi 13 mars nous avons vécu une journée de retraite communautaire. Le thème qui nous a accompagnées était : « Le carême, conversion au goût pour la vie » du document de Fidel Aizpurúa. Outre l’invitation à entrer dans le texte de Luc 7,36-50 où Jésus met en évidence l’importance des gestes qui humanisent et communiquent sans paroles la vérité la plus profonde, l’auteur nous propose un « Décalogue » ...

...pour aimer le rêve de la vie, inspiré de la spiritualité de ‘Fratelli tutti’, qui vise à nous aider à « atterrir » comme cet auteur aime à le souligner. Dans ce décalogue où tout est bon à prendre, il apporte des lumières au souhait d’humaniser nos relations.

1- Tu croiras fermement à l’inaliénable dignité humaine. Il faudra se demander si la fragilité de la vie, la perte de sens ne viennent pas de n’avoir pas encore construit une spiritualité de la dignité humaine dans le quotidien. En croyant vraiment à la dignité humaine, les coups de la vie se vivent dans une plus grande humanité.
2- Tu auras la certitude ferme que les humains, nous sommes famille. Nous savoir en famille devrait nous conduire à vivre en paix et dans la joie. Savoir que l’autre est de ta famille et qu’il peut agir avec toi avec un amour familial est un baume sur les blessures de la vie.
3- Tu participeras avec détermination à une culture de la rencontre. Si nous tendons à nous rencontrer, si nous sommes affamés de la proximité de cœur, si nous croyons au dialogue avec les autres, nos chemins humains seront plus fermes.
4- Tu t’éloigneras du néolibéralisme qui utilise la personne à son profit. Car le néolibéralisme est en nous, quand nous valorisons les autres pour notre propre intérêt, pour les bénéfices que nous en tirons. Il se peut que notre égoïsme soit le plus grand destructeur du sens dans notre vie.
5- Tu fuiras la pensée unique qui confond valeur et prix. Nous valorisons les choses pour leur prix élevé. Mais l’amitié, la solidarité, la joie, l’amour n’ont pas de prix mais sont indispensables.
6- Tu réviseras tes attitudes politiques, pour voir si tu critiques sans collaborer ; car il est très facile de critiquer les actions des gouvernants et de les accuser de tout avec amertume, mais il faut voir son propre niveau de collaboration citoyenne. Il me faut voir si je vis avec intérêt ce qui est bon dans notre communauté sociale et si je collabore à quelque chose. Ne pas collaborer et critiquer ne tient pas debout
7- Chaque jour tu réaffermiras ton engagement pour la paix et la non-violence active, parce que dans les désagréments de notre vie il y a beaucoup de violence en paroles, en sentiments, en haines peu contrôlées. Un des fruits de la violence est l’appauvrissement du sens.
8- Tu croiras que l’amabilité est un outil pour reconstruire les routes brisées, parce qu’il semble que l’amabilité est une valeur de peu d’importance dans la vie. Mais l’amabilité est la porte qui ouvre à la joie et à une convivialité satisfaisante.
9- Tu essaieras de grandir en amour social, car l’amour social est une variante très importante de l’amour. Il s’agit d’aimer ces contextes où la vie se développe.
10- Tu croiras en Jésus, le Jésus de l’Evangile qui reconstruit des vies par l’amour. Croire en Jésus c’est avant tout, donner son adhésion à ce Jésus qui se comporte d’une manière déterminée : Lui, comme le Père, reconstruit des vies par l’amour. Quand on aime, on est près de Jésus.

Sr Piedad Nuñez Ortega