La République Démocratique du Congo a perdu le cardinal Laurent Monsengwo

Publié le : 1er août

Sr Clarisse Madimba nous partage un portrait de Monseigneur Laurent MonsengwO

C’est en date du 11 juillet que le cardinal Fridolin Ambongo annonçait aux chrétiens de la république du Congo, la mort de son éminence Laurent Monsengwo, décédé à Versailles, à la suite d’une contamination au covid 19. L’Église d’Afrique pleure son digne fils qui a joué un rôle important aux niveaux national, continental et de l’Église catholique romaine. Qui est-il et que pouvons-nous retenir de son œuvre de son ministère ?
Ce serviteur de Dieu aux multiples charismes est né en 1939 dans l’ancienne province de Léopoldville qui deviendra par la suite, province de Bandundu. Après ses études primaires et secondaires chez les prêtres catholiques, il va au grand séminaire pour achever sa formation sacerdotale afin d’être ordonné prêtre en 1963. Après avoir rendu des services loyaux dans le ministère sacerdotal, il est envoyé en 1970 aux études à Rome à l’institut biblique pontifical où il obtient un doctorat en exégèse et devient le premier africain à obtenir ce grade académique en sciences bibliques.
De retour au pays, il est retenu comme professeur à la faculté de théologie catholique jusqu’en 1980 lorsque le pape Jean Paul II l’ordonne évêque auxiliaire lors de son voyage apostolique à Kinshasa. Huit ans après cet évènement, il est promu archevêque métropolitain de Kisangani. Après la mort du cardinal Etsou, il prend sa succession à Kinshasa et en 2010, il est créé cardinal par le pape Benoît XVI
Parmi les multiples services rendus par le cardinal Laurent Monsengwo comme apôtre du Christ, l’église se souviendra de nombreuses années passées à la tête de la conférence épiscopale du Congo et du symposium des conférences épiscopales d’Afrique et du Madagascar. Ces responsabilités lui ont permis de représenter l’Afrique et le Congo aux multiples synodes organisées à Rome.
En plus de son brillant apostolat dans l’Église, son éminence Laurent Monsengwo, était pétri d’immenses talents de polyglotte. Étant capable de s’exprimer en une vingtaine de langues à savoir, l’anglais, le français, le portugais, l’italien, l’espagnol, le néerlandais, le grec biblique, le latin, l’allemand, l’hébreu, l’araméen, le lingala, le swahili, le tshiluba, le sakata, le kikongo…, il n’avait pas besoin d’interprète dans l’accomplissement de sa mission.
Sur le plan politique, le peuple congolais n’oubliera jamais les moments précieux que le cardinal Monsengwo a passé à la conférence nationale souveraine et au parlement de transition, pour aider le pays à avancer dans la démocratie. Au cours de ses interventions sur la gestion du pays, il ramenait les politiciens à penser au bien-être de la population et les invitait à s’éloigner de la médiocrité dans leur exercice du pouvoir.
Merci pour tout, va en paix, cher papa cardinal. Kende malamu !
Sr Clarisse Madimba

Photo : Monseigneur Laurent Monsengwo and Paul Breyne