La fine fleur de Pierre Pinaud (juin 2001)

Publié le : 9 juillet

Par Sr Hélène Feisthammel

Pierre Pinaud s’était déjà penché sur la vie d’une femme célibataire dans Parlez-moi d’amour, son premier long-métrage, en 2012, offrant à Karine Viard le joli rôle d’une animatrice de radio dont la voix célèbre cachait des fêlures. Dans La fine fleur, c’est à Catherine Frot qu’il confie la mission d’incarner une autre femme solitaire, cachant derrière son amour des roses des blessures mal cicatrisées. Ici encore, c’est dans le frottement avec un autre monde, une autre classe sociale, que le personnage va renaître et s’ouvrir à la vie.

Pierre Pinaud file tout au long du film la métaphore horticole. Dans le domaine d’Eve, on greffe les fleurs, mais pas seulement. « Pour hybrider, on sélectionne les meilleurs pères et mères », explique doctement madame Vernet à ses apprentis, mais parfois, c’est le hasard des rencontres qui produit les plus belles roses…

La fine fleur aborde avec humour et tendresse des sujets profonds. Comme le défaut de parentalité, rarement abordé. Les difficultés du monde agricole également, ici horticole, soumis aux caprices de la nature, mais aussi aux lois du marché, surtout quand on a des principes et qu’il faut pour cela se battre pour rester indépendant. Ou encore la difficulté de ceux qui ne rentrent pas dans le moule à se faire une place dans une société obsédée par l’efficacité, le rendement, la réussite. « C’est un film sur la beauté, la beauté des roses, et la beauté des relations humaines », confie Catherine Frot dans une interview à France info Culture.