La multiplication des pains

Publié le : 10 juin

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean 6, 1-13

Après cela, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

Dans les quatre récits de la multiplication des pains, Jésus rend grâces avant la distribution des pains. Quel optimisme dans une telle situation : 5 pains, 2 poissons et 5000 hommes à nourrir. Rendre grâce ! Jésus est là, avec ses disciples. Et au milieu de la foule « un jeune garçon ». Il fallait le voir dans cette foule ! Mais qu’attendent-ils au juste ces 5000 hommes : à manger, une parole, un geste ?
Prenons notre journée par le menu : quel geste, quelle parole, ai-je fait, ai-je dite pour rendre grâce aujourd’hui ? Comment je me suis fait nourriture pour les autres ? Où ai-je moi-même été cherché de quoi me nourrir aujourd’hui… dans la Parole de Dieu, dans la lecture d’un livre spirituel, dans l’écoute de ceux que j’ai croisé, etc. Chacun pourra composer son menu et faire mémoire des belles rencontres de la journée (n’oubliez pas de les noter dans le bocal des « Belles rencontres du Synode »).
Des quatre évangélistes, Jean est le seul à rapporter cette parole du Christ : « Rassemblez les morceaux afin que rien ne se perde ». Rassembler pour que rien ne se perde. Et si nous aussi, nous étions invités à entrer dans cette dynamique ? Rassembler pour que rien ne se perde, pour que tout se multiplie et porte fruit… C’est un peu la démarche à laquelle nous invite le synode : rassembler des gens, des paroles, les écouter, partager et remettre tout cela dans les corbeilles de la consultation du Synode. Dans la confiance, rendre grâce et regarder les fruits de ces rencontres, de ces paroles.
12 paniers à la fin du récit, pour que rien ne se perde. 12 paniers pour les 12 apôtres qui nous témoignent dans leurs écrits de ce qu’ils ont vu et entendu, vécu et appris aux côtés du Christ. Alors, nous aussi, mettons-nous à la suite de Jésus, en disciples attentifs et avides de celui qui s’est fait nourriture pour nous.

Sr Anne-Claire Dangeard
Source : www.aveclesgenerationsnouvelles.fr