La vie pendant le confinement : quelques témoignages de La Elipa

Publié le : 8 mai

Il est 20 heures. J´arrive à la maison pour m´unir aux voisins du quartier et commencer à applaudir avec eux pour remercier tous ceux qui sont en train de tout donner pour nous.
Depuis deux jours, nous pouvons tous nous promener pendant une heure. Ceux qui ont plus de 70 ans, comme moi, c´est l´après-midi, entre 19 et 20 heures. Quelle joie !
La vie en communauté, nous essayons de la vivre le mieux possible, en nous aidons et en nous impliquant du meilleur de nous-mêmes.
Au début, ça n´a pas été facile, je n´étais pas sûre de ce qui arrivait et je me posais beaucoup de questions. Quand j´ai vu que ce serait long, je me suis fait un horaire qui m´aide pour vivre le quotidien à la rencontre de Jésus ressuscité.
Isabel Repiso

Qu´est-ce que je vis pendant ce temps ? Vraiment, c´est un temps de ressourcement complètement inattendu pour moi, un cadeau au milieu d´une tempête qui nous affecte tous. Le Jardin d´enfants fermé, je profite du silence ; de la solitude de ma chambre ; des temps de prière commune ; des moments de réflexion sur moi-même, sur les difficultés du travail et les décisions à prendre ; de mettre à jour avec d´autres sœurs une multitude des tâches qui attendaient patiemment ; de fêter avec les sœurs des anniversaires et d´autres moments importants. Je regarde ma communauté, et je peux dire que chacune vit ce qu´elle a à vivre en ce moment.
Tout ça, portant dans nos cœurs la vie des personnes que nous connaissons et que nous ne connaissons pas, le travail de tous ceux qui travaillent pour nous, qui ne dorment presque pas pour répondre à cet immense défi qui nous est survenu tout d´un coup, au milieu de notre vie stable et quotidienne. Que le Dieu de la vie fasse croître en chacune ce qu´elle a à donner aux autres pour reconstruire notre monde malade.
Lola Munilla

La pandémie du coronavirus a conduit à un confinement strict à domicile, où toutes les activités sont suspendues, les sorties sont interdites, plus de liberté d’aller là où on veut, et le slogan « Quédate en casa » (Restez à la maison). J’avoue que le début du confinement était très difficile pour moi pour l’accueillir comme une réalité. Au départ je voyais tous ces événements de la pandémie du coronavirus comme un feuilleton qui se déroulait à la télévision : les personnes qui décèdent et sont contaminées chaque jour, c’est étonnant, troublant et effrayant. Tout ceci réveillait en moi une tristesse profonde et aussi combien de fois l’être humain est limité et fragile dans son existence. Des jours après, avec la prise de conscience, c’est devenu une réalité immédiate et de retour sur moi-même, comprendre ce qui importe dans la vie, prendre conscience des relations et rendre grâce à tout moment de ma vie. Ensuite ce confinement a été bien vécu grâce au grain de sel qu’apportait chacune des sœurs de ma communauté pour que celui-ci ne nous pèse pas. D’une part les différentes célébrations communautaires bien préparées et la prière personnelle, les homélies du pape pendant la messe de chaque jour et les célébrations de la parole. Et d’autre part les cours online organisés par la congrégation sur la vie morale selon Thomas d’Aquin et la vie de Sainte Catherine et ses lettres m’ont beaucoup apporté. Chaque jour je fais aussi un temps de cours et de conversation en espagnol. Pour conclure, je remercie chacune des sœurs des autres communautés, ma famille et les amis pour leur proximité.
Elisabeth Tchegbe

Pendant ces journées de confinement, nous avons fêté l’anniversaire de mes 25 ans de profession dans la congrégation, une fête dans la fraternité et la joie. Nous avons fait une prière où chaque sœur a participé à partir d’une parole significative sur notre vie dominicaine : étude, communauté, mission, prière, liberté, etc. Nous avons partagé ensuite un délicieux repas du soir et un partage sur la vie religieuse, grâce aux questions qu’Elisabeth Tchegbe m’a posées. Je rends grâce à Dieu et à la congrégation pour toutes ces années de vie et de mission partagées. Ce temps-ci, les larges plages de silence et de solitude, m’ont permit de vivre plus en paix et en reconnaissant la présence de Dieu. Je me sens donc gâtée pour son passage dans ma vie, son attention, pour tout ce que j’ai appris, pour les sœurs et les amis que j’ai rencontrés.
Elena Hernández