Matthieu pas à pas : Guérisons à Capharnaüm

Publié le : 17 octobre

par Sr Carine Michel

Évangile selon saint Matthieu chapitre 8, versets 05-18
05 Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :
06 « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. »
07 Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. »
08 Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
09 Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
10 À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
11 Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux,
12 mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
13 Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
14 Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
15 Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.
16 Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit,
17 pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.
18 Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive.

Méditation
Guérir en parole et en actes

Le salut ne s’adresse pas seulement à la fine pointe de notre âme, mais à notre corps tout entier. Jésus quelquefois s’approche et touche le malade ou bien il le guérit à distance, comme pour le serviteur du centurion. Mais cela passe toujours par la rencontre personnelle.
Quel est le point commun entre un centurion de l’armée romaine et la belle-mère de Pierre ? Aucun, justement. L’une est proche du cercle intime de Jésus, l’autre est un inconnu, sans doute attiré par la rumeur, et désigné par sa fonction. Leur seul point commun est d’avoir rencontré Jésus et d’avoir été exaucés dans leur demande.
Le centurion est un officier dont la parole fait autorité. Les soldats lui obéissent « au doigt et à l’œil ». Le centurion croit en la puissance de la parole : une fois l’ordre prononcé, c’est comme si c’était fait.
Il reconnaît en Jésus cette même autorité et croit de la même manière que la Parole de Jésus se réalisera. Jésus s’adapte au schéma de pensée du centurion. Il n’a pas besoin de toucher le malade, il dit une parole et le serviteur est guéri. Dans l’Évangile, la belle-mère de Pierre est présentée comme une femme d’action plus que de parole. L’évangéliste ne rapporte aucune parole entre elle et Jésus, et elle se remet immédiatement au service. Tout passe par le corps : un regard et un geste. Jésus lui touche la main. Il la rejoint dans sa manière d’être et dans sa manière de croire : celle d’une foi en action. « Moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi. »*
Oui, Jésus nous relève et nous guérit si nous nous laissons rejoindre par lui dans ce que nous sommes. Acceptons-nous de nous laisser réhabiliter** par le Seigneur ?

* Jacques ch 2, v 18.
** Père Lataste.

Source : https://matthieu.retraitedanslaville.org/