Traversée du désert

Publié le : 5 novembre

Il y a quelques jours j’écoutais l’un des nombreux entretiens et commentaires qui sont faits chaque jour dans les moyens de communication sociale.

Il s’agissait du président du groupe des entrepreneurs d’Espagne. J’ai écouté plus attentivement ; il ne parlait pas seulement de la pandémie sanitaire mais surtout de la pandémie économique et de sa répercussion sociale. Presque à la fin de l’entretien il a émis une pensée correspondant à sa préoccupation avec le désir de la communiquer à la classe politique et à la société en général. « Les entreprises, disons les entrepreneurs, vivent en ce moment un temps que je conçois comme une traversée du désert, une longue traversée dont nous tarderons à voir la fin. » Il a ensuite commenté quelles étaient les aides nécessaires pour que ceux qui s’arrêteraient en cours de route soient les moins nombreux possible, et essayer de leur offrir les appuis nécessaires pour reprendre le chemin ; c’est ainsi qu’il concevait la fonction de chef d’entreprise et ce qu’il demandait à notre classe politique.

Depuis ce jour-là cette phrase ne me quitte pas, alors que je vois les dégâts provoqués par cette pandémie dans la société ; j’ai essayé avec elle de regarder notre Eglise, notre congrégation et en moi-même : S’il faut faire cette traversée, je me demande sur quoi je m’appuie, quels sont les aides que je trouve ? Quelles sont celles que je puis offrir ?
Et chaque jour j’apprécie encore plus des choses, même petites qui sont à ma portée : l’eucharistie de chaque jour à la télé ; de voir avec quelle foi les gens prient pour la fin de la pandémie ; de rencontrer la communauté chrétienne à la paroisse chaque dimanche et de voir que le prêtre réalise pour que le petit groupe que nous sommes à participer une animation active et porteuse d’espérance. De voir comment trois jeunes mères se sont approchées du sacrement de confirmation, après 5 ans en groupe en étant les catéchistes de leurs enfants, maintenant adolescents ; la lecture de la Parole de Dieu et la prière qu’elle inspire, les relations fraternelles entre les sœurs, la préoccupation de savoir comment nous allons… ce sont des petits « lieux » où mon espérance se renforce.
Je ne veux pas dire par là que la vie soit facile pour de nombreuses personnes. Connaître les situations est douloureux car nous nous heurtons à la grande impuissance dans la vie réelle, et alors vient la question : « Qu’est-ce qui peut m’aider ?
Peut-être de vivre ma vie et les circonstances avec une pensée que Enrique Rojas, psychiatre, nous offrait samedi dernier dans un article : « Parier sur l’optimisme » : « L’optimiste scrute l’horizon et voit le bon côté, propose des solutions, cherche des alternatives… Là où d’autres voient des ombres et de mauvais présages, je vois des opportunités et des défis à relever ».

Au moins essayer que cela soit mon horizon dans le monde qui est le mien, petit et réel.

Sr Virgilia León, Communauté de Tetuán